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mardi 21 juin 2005

Idir, une voix d'or

Date de naissance : 1949
Lieu de naissance : Aït Lahcène (Algérie)
Nationalité : algérienne
Zone géographique : Afrique du nord
Qualité : Auteur Chanteur Compositeur
Langue chantée : Kabyle
Style musical : World Music

Auteur d'un des premiers succès world, Idir fait depuis les années 70 figure de représentant de la culture kabyle. Idir, de son vrai nom Hamid Cheriet est né dans un village berbère de Haute-Kabykie, Aït Lahcène en 1949. Ce fils de paysan élevé chez les Jésuites, entreprend des études de géologie et se destine à une carrière dans l'industrie pétrolière. En 73, il remplace une vedette au pied levé sur Radio Alger et interprète une berceuse. Il enregistre ce titre, intitulé "A Vava inouva", en 45 tours avant de partir faire son service militaire.

Cette chanson kabyle avec juste voix et guitare figure comme le premier grand tube venu directement du Maghreb, bien avant le succès d'un Khaled ou d'un Mami. Il représente l'affirmation d'une certaine identité, le retour à des racines ancrées très profondément dans l'histoire de l'Algérie. Il sera traduit dans 7 langues. Après son service, Idir est contacté par la maison de disques Pathé Marconi. Il faut attendre 1976 pour que sorte un premier album sur lequel on retrouve également "I vava inouva". Après un certain succès, Idir écrit à nouveau et enregistre "Ay Arrac Negh" (A nos enfants), un album qui sort en 79.
 

Parenthèse
Pour cet homme discret avec un look sérieux, il est difficile de se fondre dans le monde du show-biz et s'il aime composer, ce qu'il fait pour d'autres, les passages sur scène ne le satisfont que rarement. En conséquence, il s'éclipse environ une dizaine d'années tout en donnant quand même quelques récitals.

Sa carrière est relancée avec la sortie d'une compilation en 1991 de dix-sept chansons de ses deux premiers albums. Après un long procès contre son ancien producteur, Idir a eu la possibilité de réenregistrer ses titres comme le fameux "A vava inouva". Fort de cet appui discographique, il revient donc sur le devant de la scène et passe au New Morning à Paris du 7 au 9 février 92. Il reste le représentant de la communauté kabyle à qui on reconnaît maintenant un statut de précurseur de la world music.

L'année suivante, paraît chez Blue Silver un nouvel album "les Chasseurs de lumières" où il chante ses thèmes de prédilection, l'amour, le liberté et l'exil (qu'il connaît puisqu'il est installé dans la région parisienne depuis 1975). Il introduit à côté des derbouka, flûte et guitare acoustique, les synthés qui donnent une touche de modernité. On peut entendre aussi la voix d'Alan Stivell sur le duo "Isaltiyen". Idir donne ses chansons à écouter au public de l'Olympia à Paris les 26,27 et 28 juin 93.

Questions d'identité
Homme de conviction, Idir participe souvent à des concerts pour soutenir différentes causes. Le 22 juin 95, plus de 6000 personnes viennent applaudir le chanteur et son ami Khaled, initiateurs de l'association "l'Algérie la vie" qui les ont conviés à un concert pour la paix, la liberté et la tolérance. C'est un triomphe pour les deux artistes qui réunissent à cette occasion les communautés kabyles et arabophones. Idir participe aussi au concert hommage rendu à Matoub Lounes, chanteur kabyle assassiné en 98.

Le retour discographique d'Idir se fait avec "Identités" en 99, album hommage qui réunit de nombreux artistes de Manu Chao à Dan Ar Braz en passant par Maxime Le Forestier ou l'Ecossaise Karen Matheson pour un "A vava inouva 2", mais aussi Gnawa Diffusion, Zebda, Gilles Servat, Geoffrey Oryema et l'ONB. Idir rassemble ici ceux qui prônent l'ouverture culturelle ainsi que la reconnaissance des racines propres à chacun. En décembre, Idir a tout autant d'invités lors des deux soirées qu'il donne à l'Olympia. Autour de lui se succèdent Frédéric Galliano, le guitariste Thierry Robin et l'ONB.

Source


A VAVA INOUVA

Source



  Txil-k lliyin tabburt a vava inu va
  Stcencen tizebgatin im a yelli ghriba.
  Ugadgh lwehc lghaba a vava inu va
  Ugadgh ula d nekkini a yelli ghriba
 

  Je t'en prie père Inouba ouvre moi la porte
  O fille Ghriba fais tinter tes bracelets.
  Je crains l'ogre de la forêt père Inouba.
  O fille Ghriba je le crains aussi.
 

  Amghar yettel deg' bernus di tesga la ezzizin
  Mimmis yethabber i lqut ussan deg' qerrus ezzin
  Tislit deffir uzetta tessalay tijebbadin
  Arrac zzind i tmghart la sen-tsghar tiqdimin
 

  Le vieux enroulé dans son burnous
  A l'écart se chauffe
  Son fils soucieux de gagne pain
  Passe en revue les jours du lendemain
  La bru derrière le métier à tisser
  Sans cesse remonte les tendeurs
  Les enfants autour de la vielle
  S'instruisent des choses d'antan.
 

  Txil-k lliyin tabburt a vava inu va
  Stcencen tizebgatin im a yelli ghriba
  Ugadgh lwehc lghaba avava inu va
  Ugadgh ula d-nekkini ayelli ghriba
 

  Je t'en prie père Inouba ouvre moi la porte
  O fille Ghriba fais tinter tes bracelets.
  Je crains l'ogre de la forêt père Inouba.
  O fille Ghriba je le crains aussi.
 

  Adfel yessud tibbura tuggi kecmen-t ihlulen
  Tajmaât tetrgu tafsut aggur d yitran hejben
  Mad aqejmur n-tasaft idger akken idenyan
  Mlalen-d akw at waxxam i tmacahut ad slen.
 

  La neige s'est entassée contre la porte
  L'"ihlulen" * bout dans la marmite
  La tajmaât rêve déja au printemps.
  La lune et les étoiles demeurent claustrés.
  La buche de chêne remplace les claies **
  La famille rassemblée
  Prête l'oreille au conte.
 

  Txil-k lliyin tabburt a vava inu va
  Stcecen tizbgatin-im aylli ghriba
  Ugadgh lwehc lghaba a vava inu va
  Ugadgh ula d nekkini ayelli ghriba.
 

  Je t'en prie père Inouba ouvre moi la porte
  O fille Ghriba fais tinter tes bracelets.
  Je crains l'ogre de la forêt père Inouba.
  O fille Ghriba je le crains aussi.
 

 

  *  genre de bouillie
  ** sens douteux : l'hiver succède à l'été
 

Traduction de P. Reesinsk in : le fichier periodique (contes merveilleux et fables) 1976.


ASSENDU

Assendu assendu
At ged udi d-amllal,
Assendu assendu
Akken antcar abuqal
Andu andu a-yighi
Fkeght tawaracht bw udi
Akken t tmnnin.

Taxsayt ihezn ifassen
Kem ay sâagh d-lbedna
Ula mat  yetwassen
Lhif yezzuznit cna ;
Usigh Zarrem ndu
Taxsayt teghra illHu.
Ighin -nw ad yendu yefru
S-lfadlik ababynu.


Trompettes
chanson à écouter (avec player flash)
et à essayer de prononcer en suivant la transcription suivante:

ghur-i tijemmuâa
d lweh'c-nni aberkan
akken i d'errefgh iman-iw
almi i fghegh iberdan
lghaci qaren-iyi
ayen akka weh'dek kan?
xas kkes ghef wul-ik
ini-d dacu i k-yerh'an

ur bghigh ara ad inigh!
ur h'ladjegh ara cciâa
ur bghigh ad fed'h'egh
sser anda awk d wa
ur ttkalet ara fell-i
kkigh-d seg wat-lbed'na
ur qazegh az'ekka
s yiles-iw a lghid'a

a wen-inigh a laghwayed'
wi' iz'emmern a wer d-as-tawed'
a wen-inigh ahya leghwayed'
ma z'emmergh a wer d-i-tawed'

a wi' yebghan ad isel ayen i tez'ra tit'-iw
a wi' yebghan ad iz'er ayen i yesla umezz'ugh-iw
ad iruh' ad yendjer ajewwaq deg ughanim
nek xd'igh i uz'emmer, xd'igh i t'bel n weglim

z'righ a tt-nejmaâem ma ara ad ffegh taghect-a
z'righ daghen a tt-refdem iqerdacen s az'ett'a
ur ttnadit deg-s ayen wer nella-yara
ulac dacu ara fregh, ur hedregh di rraya

Skud mazal-iyi-d,
tesâa ss'ut taghect-iw
ad kemmelgh akka-gi
weh'di kan deg webrid-iw
ad cennugh tirga-inu
d tmucuha-nni n temz'i-w
ass ma ara teâyum deg-sent
ad sersegh tagit'art-iw

A wen-inigh a laghwayed'
wi' yetthuddun ur s-t-tettawed'
A wen-inigh ahya laghwayed'
wi' ibennun ar d-as-tawed'

Source de la transcription

Posté par Zighcult à 05:17 - Musique berbère - Permalien [#]