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jeudi 20 avril 2006

Petit cours de tachelit et tamazigh

Introduction

Par Salem Chaker

Le dialecte berbère chleuh (tachelhit, tachelhiyt en berbère) est, de loin, le plus important du Maroc par sa population et même de tout l'ensemble berbère. Il s'étend sur la plus grande partie du système atlasique : Haut-Atlas (en partie), Anti-Atlas et Souss. Couvrant une aire géographique importante, au relief varié, le chleuh connait évidemment de sensibles variations linguistiques selon les parlers; pourtant ce dialecte présente une indiscutable unité par contraste avec les autres dialectes du Maroc. On examinera ci-dessous ses principales caractéristiques:

Phonologie

Le chleuh est un dialecte qui appartient, globalement, au type “occlusif” : sauf phénomène micro-local, les consonnes berbères /b,d, t, g, k/ restent occlusives, contrairement à ce qui se passe dans les autres aires dialectales berbères marocaines, Rif et Moyen-Atlas, où la spirantisation des occlusives est un phénomène très largement attesté, sinon généralisé.

De ce fait, mis a par les phonèmes d'emprunt à l'arabe (pharyngales et quelques emphatiques), le système consonantique du chleuh apparait comme un bon représentant du système phonologique minimum (et primitif) du berbère. On note dans ce dialecte une très forte tendance a la labio-vélarisation des consonnes palato-vélaires (/kw, gw , kkw, ggw .../); certains parlers du Haut-Atlas tendent a généraliser ce trait a toutes les occurrences palato-vélaires et même aux labiales [bw, fw].

Le vocalisme est, lui aussi, extrêmement simple puisqu`il se réduit au triangle vocalique élémentaire /a, i, u/. La voyelle neutre, non phonologique (schwa) y est particulièrement labile et ténue; elle semble même absente dans la plupart des réalisations, ce qui amène de nombreux auteurs à ne pas la noter; on peut certainement admettre que la majorité des consonnes du chleuh peuvent assumer la fonction de centre de syllabe: cela parait évident pour toutes les consonnes vocaliques classiques (liquides et nasales) ainsi que pour toutes les continues; cela est très vraisemblable pour la plupart des autres consonnes, même sourdes et occlusives.

Grammaire - Syntaxe

Dans la syntaxe de base, la caractéristique la plus marquante est indiscutablement la généralisation de la phrase nominale àcopule verbale g “faire / être” (g + nominal a l`état libre). Ce type de syntagme prédicatif, bien attesté dans tout le Maroc, est connu a l`état de traces en kabyle et touareg; en tachelhit, il est d`un emploi très généralisé et semble avoir remplacé de manière systématique les séquences à auxiliaires de prédication d (d + nominal) bien connues dans tout le reste du berbère nord mais qui ne sont plus attestées qu'à l`état résiduel en chleuh, notamment en contexte négatif. On y relève ainsi: iga aderghal = “il est aveugle / mal voyant” mais au négatif “ur igi aderghal” coexiste avec la phrase purement nominale “ur d aderghal”.

Parmi les traits morphologiques caractéristiques, on relèvera également le maintien de l'accord de nombre du participe verbal que la plupart des autres dialectes berbères nord tendent a traiter comme forme invariable: “iddan” (sing), ddanin (plur.), participe du verbe “ddu” (aller). En revanche, le chleuh, comme l`ensemble du Maroc, a complètement abandonné l'ancienne conjugaison par suffixes des verbes d'état qui, ici, se combine avec le jeux “standard” des indices de personnes.

Mais c'est sans doute au niveau du système verbal que la tachelhit présente les spécificités les plus marquantes; on peut même le considérer comme l'un des systèmes les plus évolués de l`ensemble berbère. Evolution au niveau des signifiants,
- avec la constitution d'une nouvelle forme par association obligatoire de la particule “ar” à l'aoriste intensif (ar iteddu, “il va”)
- avec une forte tendance (notamment dans le Souss) a perdre le thème de prétérit négatif (“ theme en /i/”), et surtout,
- avec la dissociation et la démultiplication des formes issues du complexe “ad” + aoriste: “rad” (issu de “ira ad”) a valeur temporelle (futur) s'oppose désormais a “ad” (à valeur modale) et des formes de futur immédiat se sont constituées dans de nombreuses régions à partir de complexe “ddu” (“aller”) + ad + Aoriste) ( > ddad + aoriste).

Et bien sûr, corrélativement, au niveau des signifiés et du fonctionnement global du système, avec la “naissance” du temps (Leguil, Cf Bibl.), induite par la distinction entre le modal (ad) et le temporel (rad / ddad), et par la généralisation de la valeur de concomitance (donc de présent) du complexe “ar” + aoriste intensif. Le système verbal chleuh est ainsi celui qui, le plus nettement, a introduit la temporalité dans un système primitivement aspectuel. (Cf “Aspect” EB) 

Lexique

Le lexique chleuh, bien que présentant une forte influence de l'arabe comme tout le berbère nord est néanmoins l'un des moins contaminés : le taux d'emprunts a l'arabe, établi a partir d'une liste diagnostic, est de l'ordre de 25 %, bien inférieur a celui des dialectes méditerranéens (kabyle: 38 %) (Chaker 1984).

Le chleuh (du moins un certain nombre de ses parlers) est également l'un des rares dialectes a avoir conservé l`ancienne numération berbère, bien que dans les zones de contacts intenses (notamment urbaines), la numération arabe ait tendance a se répendre.

Études linguistiques et développements récents

Le chleuh a été l'un des dialectes les plus étudiés par la tradition berbérisante occidentale; a la fin des années 1920, on disposait déjà de travaux descriptifs et de corpus importants (Stumme, Destaing, Laoust, Justinard). Il a connu un tres vif regain d'intérêt depuis une vingtaine d'années du fait de la formation rapide d'une nouvelle génération de berbérisants marocains, qui sont, dans une large proportion, originaires du domaine chleuh. Ces travaux récents, totalement intégrés dans les grands courants de la linguistique actuelle (l'influence du générativisme notamment y est très forte) se sont d'abord intéressés a la morpho-syntaxe, puis plus récemment au lexique et a la phonologie.

Ce développement vigoureux de la recherche sur la langue et la littérature chleuh est, dans une certaine mesure, relayé par le dynamisme de la société civile chleuh, notamment soussie : la plupart des publications berbères, scientifiques ou culturelles, parues au Maroc depuis 20 ans sont l'oeuvre de Chleuhs; de même, les associations culturelles les plus actives et les plus efficaces sont pour l`instant presque toutes chleuh. Le dynamisme et l'efficacité de l'Association de l`Université d'été d'Agadir, qui a déjà organisé quatre rencontres importantes depuis 1980, mérite tout particulierement d'être signalés.

Littérature

Comme toutes les grandes régions berbérophones, le domaine chleuh connait une très riche production littéraire orale: poésie et chants, contes, proverbes ... dont de nombreux corpus sont disponibles. Le vecteur traditionnel des formes “nobles” était des chanteurs-poètes itinérants (rrays / rrways), maintenant largement relayés par les supports modemes: disque d`abord, puis radio et cassette.

Une des particularités marquantes de cette région berbère est certainement l'existence d'une tradition littéraire écrite en caractères arabes assez dense, vieille de plusieurs siècles. Les pièces sont essentiellement d'inspiration religieuse: textes doctrinaux ou poésie d'édification (hagiographique ou autre). Ces manuscrits, dont les plus célèbres sont ceux d'Awzal (vers 1700), circulent dans le milieu des clercs chleuhs; ils semblent n'être que le résidu des pratiques plus larges de l'époque médiévale (notamment almohade) puisqu'Ibn Turnert est censé, aux dires des historiens arabes, avoir traduit le Coran en berbère. On notera d'ailleurs que les oeuvres littéraires contemporaines écrite par des Chleuhs sont toutes notées au moyen de l'alphabet arabe (Moustaoui, Idhelkacem, Assafi, Cf bibl.).

(Encyclopédie berbère, tome XIII, 1994)

Transcription


. c se prononce comme le ch français. Exemple : ackid (venir).
. gh se prononce comme un r grasseyé. Exemple : amazigh .
. Les lettres tendues sont doublées.
. x se prononce se prononce comme dans xdem (travail), afrux (garçon).
. q se prononce comme dans aqdim (vieux).
. L'Ayn arabe se note à. Exemple : àrab (arabe).
. g se prononce comme dans agadir.
. u se prononce comme le ou français. Exemples : asafu (flambeau), afus (main).
. h' se prononce comme dans Moh'ammed.

.Les consonnes emphatiques sont signalées par un ^ sur la voyelle voisine. Exemple : adû (vent)

Les noms

Les noms masculins et féminins.
La quasi totalité des noms communs amazighs masculins commencent par les lettres a, i ou u, seuls font exception des mots empruntés à d'autres langues.

Exemples.
 
   
En a : agmar (cheval), azru (pierre), agadir (grenier fortifier).   
En i : izem (lion), ifri (grotte), isk (corne). 
En u : udem (visage), ul (coeur), urti (jardin). 
Exemples d'emprunts non berbérisés : lkas (verre), skwila (école). 
Exemples d'emprunts berbérisés : afellah' (paysan), abeqqal (épicier). 
   
Pour obtenir le féminin d'un mot, il faut ajouter la lettre t au début et à la fin du mot, il existe aussi des mots qui n'ont pas d'équivalent masculin et pouvant être privé de t à la fin. Ce procédé sert également à exprimer un diminutif. 
   
Exemples.
Féminin de mots masculins : tagmart (jument), tizemt (lionne).
 
Mots sans équivalent masculin : tafukt (soleil), tifawt (lumière), tisent (sel). 
Mots sans équivalent masculin et sans t final : taghawsa (chose), tasa (foie). 
Diminutifs : tazrût (petite pierre), tifrit (petite grotte).

Dans une phrase, les noms ont un état construit : le a initial devient u et le i peut devenir y (moins systématique). Nous verrons des exemples plus loin.
 
   
Le pluriel.


Il n'existe pas vraiment de règle générale pour former le pluriel, nous pouvons néanmoins essayer d'en tirer plusieurs familles.

A. Le masculin

1. La famille la plus fréquente consiste à remplacer la première lettre par i et à rajouter -en, -an ou -in à la fin du mot, la structure du mot restant la même. Si il y a une voyelle avant -en, -an ou -in, elle disparaît (voir itri, izi).

Exemples

amazigh (le Berbère)  -->  a-mazigh    -->    i-mazigh-en  -->  imazighen (les Berbères).
 
azerg (le moulin)  -->   a-zerg     -->    i-zerg-an    -->  izergan (les moulins). 
argaz (l'homme)  -->   a-rgaz    -->    i-rgaz-en   -->  irgazen (les hommes). 
agudi (le tas)  -->  a-gudi    -->    i-gudi-in  -->  i-gud-in  -->  igudin (les tas). 
itri (l'étoile)  -->  i-tri    -->  i-tri-an    --> i-tr-an  --> itran (les étoiles). 
izi (la mouche)  -->  i-zi    -->  i-zi-an    -->  i-z-an  --> izan (les mouches). 
azrû(la pierre)  -->  a-zrû    -->   i-zru-an   --> i-zr-an --> izran (les pierres). 
   
2. Dans la deuxième famille, les mots suivent la même règle mais ont leur structure modifiée.
Exemples

afrux (le garçon) --> a-frux    -->    i-ferx-an  -->  iferxan (les garçons).
 
afus (la main)  -->  a-fus    -->    i-fass-en  --> ifassen (les mains). 
   
3. Une troisième famille contient toujours le i du début mais termine par -awen ou -iwen.
Exemples

imi (la bouche)  -->  i-mi    -->    i-mi-awen  -->  i-m-awen  -->  imawen (les bouches).
 
isem (le nom)  -->  i-sem    -->    i-sm-awen  -->  ismawen (les bouches). 
awal (la parole)  -->  a-wal    -->    i-wal-iwen  -->  iwaliwen (les paroles). 
   
4. Une quatrième famille ne contient plus le i du début mais un a ou u et termine par -en, -an ou -in. La structure peut être modifiée ou pas.
Exemples

umlil (blanc)  -->  u-mlil    -->    u-mlil-en  -->  umlilen (blancs).
 
arra (un écrit)  -->  a-rra    -->    a-rrat-en  -->  arraten (les écrits). 
anaw (une espèce)  -->  a-naw    -->    a-naw-en  -->  anawen (les espèces). 
aqqa (le grain)  -->  a-qqa    -->    a-qqay-en  -->  aqqayen (les grains).      
iggig (le tonnerre)  -->  i-ggig    -->    a-ggag-en  -->  aggaggen (les tonnerres). 
   
5. Une cinquième famille ne contient plus le i du début mais un a et termine par -awen ou -iwen.
Exemples

isk (la corne)  -->  i-sk    -->    a-sk-iwen  -->  askiwen (les cornes).
 
ils (la langue)  -->  i-ls    -->    a-ls-iwen  -->  alsiwen (les langues). 
   
6. Une sixième famille contient le i au début et ne modifie que la structure.
Exemples

agdîd (l'oiseau)  -->  a-gdîd    -->    i-gdâd  -->  igdâd (les oiseaux).
 
ameddakkwel (l'ami)  -->  a-meddakkwel    -->    i-meddukkal  -->  imdukkal (les amis). 
agadir (le grenier fortifié)  --> a-gadir    -->    i-gudar  -->  igudar (les greniers fortifiés).
Remarques :

La première famille est, de loin, la plus fréquente.
 
Les -en, -iwen, ... se prononcent court, c'est-à-dire comme si c'était écrit -n, -iwn. 
Exemple : iwaliwn, irgazn. 
   
   
B. Le féminin
1. La première famille consiste à remplacer le ta ou ti du début par ti et à éliminer le t final pour le remplacer par -in (prononcer ine). La structure du mot reste la même.

Exemples

taqdimt (la vieille)  -->  ta-qdim-t    -->    ti-qdim-in  -->  tiqdimin (les vieilles).
 
tabrat (la lettre)  -->  ta-bra-t   -->    ti-bra-tin  -->  tibratin (les lettres). 
tamghart (la femme)  -->  ta-mghar-t   -->    ti-mghar-in  -->  timgharin (les femmes). 
   
2. Dans la deuxième famille, la règle est la même mais la structure est changée.
Exemples

tafruxt (la fille)  -->  ta-frux-t    -->    ti-ferx-in  -->  tiferxin (les filles).
 
tizkert (la corde)  -->  ti-zker-t    -->  ti-zakar-in  -->  tizakarin (les cordes). 
          
3. La troisième famille garde le ti du début mais finit par -iwin.
Exemples

tamghra (le mariage)  --> ta-mghr-a   -->    ti-mghr-iwin  -->  timghriwin (les mariages).   
 
taghawsa (la chose)  -->  ta-ghaws-a   -->    ti-ghaws-iwin  -->  tighawsiwin (les choses). 
tighri (l'étude)  -->  ti-ghr-i    -->    ti-ghr-iwin  -->  tighriwin (les études). 
timzgida (la mosquée)  -->  ti-mzgid-a    -->    ti-mzgad-iwin  -->  timzgadiwin (mosquées). 
   
4. La quatrième famille garde le ti du début mais finit par -a. La structure peut changer ou pas.
Exemples

tazwit (l'abeille) -->  ta-zw-it    -->    ti-zw-a  -->  tizwa (les abeilles).
 
tasarut (la clef)  -->  ta-sar-ut    -->    ti-sur-a  -->  tisura (les clefs). 
   
5. La cinquième famille garde le ti du début et change la structure.
Exemples

talluh't (la planche)  -->  ta-lluh'-t    -->    ti-lwah'  -->  tilwaH (les planches).
 
tamazirt (le pays) -->  ta-mazir-t    -->    ti-mizar  -->  timizar (les pays). 
tameddakkwelt (l'amie)  -->  ta-meddakkwel-t    -->    ti-meddukkal  --> timdukkal (les amies). 
   
6. La sixième famille a un ta au début et finit par -in ou -iwin.
Exemples

tasa (le foie)  -->  ta-sa    -->    ta-sa-win  --> tasawin (les foies).
 
tazart (le figuier) -->  ta-zar-t   -->   ta-zar-in  -->  tazarin (les figuiers). 
tadjart (la voisine)  -->  ta-djar-t    -->    ta-djar-in  -->  tadjarin (les voisines). 
   
7. Une septième, très rare, garde le ti du début et finit par -an.
Exemple

taserdunt (la mule)  -->  ta-serdun-t    -->    ti-serd-an  -->  tiserdan (les mules).
 
   
Noms sans singulier

Il existe des noms masculins et féminins qui ne s'emploient qu'au pluriel ou n'en ont pas.

Exemples

Masculin : aman (eau), ibzdan (urine), idamen (sang), irden (blé), ilefzan (salive), midden (gens), adfel (neige), anzar (pluie), addo (vent).

Féminin : tumzin (orge), tisent (sel), tudit (beurre), tamment (miel), tillas (obscurité), tirra (écriture), tuzlin (ciseaux), tiyghrad (salaire). Les deux derniers mots sont déjà des pluriels (respectivement de uzzal-fer et aghrûd-épaule).
 
   
(Cette liste n'est pas exhaustive). 

Les nombres

Les nombres changent selon qu'ils se rapportent à un nom féminin ou masculin.

Nombres de 1 à 10

nombre masculin féminin
1 yan ou ya yat
2 sin snat
3 krâd krât
4 kûz kûzt
5 semmûs semmûst
6 sdîs sdîst
7 sa sat
8 tam tamt
9 tza tzat
10 mraw mrawt
 
   
Exemples: 
   
yan urgaz : un homme   (dans une phrase, le a initial devient u). 
sin irgazen : deux hommes   (le nom est au pluriel). 
krad iferxan : trois garçons 
yat tamghart : une femme 
mrawt tigumma : dix maisons 
   
Nombres de 11 à 19 
   
La règle est d'ajouter à partir de dix : 14=10 + 4 
   
nombre masculin féminin
11 yan d-mraw yat d-mraw
12 sin d-mraw snat d-mraw
13 krâd d-mraw krât d-mraw
14 kûz d-mraw kûzt d-mraw
15 semmûs d-mraw semmûst d-mraw
16 sdîs d-mraw sdîst d-mraw
17 sa d-mraw sat d-mraw
18 tam d-mraw tamt d-mraw
19 tza d-mraw tzat d-mraw
 
   
20 se dit en arabe dans la pratique : àchrin(t) 
21..30 : àchrin d-yan, àchrin d-sin,..., àchrin d-tza, àchrin d-mraw 
31 : àchrin d-yan d-mraw,...  (20 +11) 
40 : sin id àchrin (2 x 20) 
41 : sin id àchrin  d-yan (2 x 20 + 1) 
50 : sin id àchrin d-mraw (2 x 20 +10) 
60 : krâd id àchrin (3 x 20) 
70 : krâd id àchrin d-mraw (3 x 20 + 10) 
etc. 
100 : tamîd (sg.), timâd (pl.). 
1000 : agim (sg.), igonan (pl.) (Non utilisé dans le Souss, arabe employé : alf). 
2000 : sin id alf 
 
Dans la vie pratique, tous les nombres à partie de vingt sont dis en arabe. 
Depuis quelques années des néologismes sont mis en place. 
Exemple.  20 : sin id mraw  --> simraw 
   
Les archéologues et les linguistes ont montré qu'aussi bien le berbère que l'égyptien ancien et la langue des Guanches des îles Canaries (berbère aussi) étaient basés sur la dizaine. Ce qui expliquerait que tous les nombres soient formés à partir des dix premiers chiffres. 
Par exemple à l'origine, 20 se disait sin id mraw (2 x 10). 
   
Opérations arithmétiques 
   
Addition :  f       4 + 2 : koz f sin
Soustraction :  kes    4 - 2 : koz kes sin
Multiplication :  id   4 x 2 : koz id sin
Division :  bdânin    4 / 2 : koz bdânin sin 
 
   
Les verbes et conjugaisons


Il n'existe pas de catégorie de verbes comme en français, du moins ce travail reste encore à faire. Nous allons seulement en présenter les principales règles et des exemples.

Introduction
Les personnes et les genres sont exprimés par des suffixes et préfixes ajoutés à la racine de base du verbe qui peut être modifiée ou non. Représentons cette structure par *

je * gh
tu t * t
il i * a
elle t * a
nous n * a
vous (masculin) t * am
vous (féminin) t * amt
ils * an
elles * ant
 
   
Le présent
Pour exprimer le présent, il faut rajouter la particule ar devant le verbe conjugué sinon, c'est le passé qui est exprimé. Dans ce qui suit, on suppose le ar mis devant tous les verbes

1. être : g noté eg ( être, exister, faire )

je suis gigh
tu es tgit
il est iga
elle est tga
nous sommes nga
vous êtes (m) tgam
vous êtes (f) tgamt
ils sont gan
elles sont gant
 
Dans la plaine le gh devient H.   gigh --> giH 
2. être : illi (se trouver) 
   
je suis lligh
tu es tllit
il est illa
elle est tlla
nous sommes nlla
vous êtes (m) tllam
vous êtes (f) tllamt
ils sont llan
elles sont llant
 
   
3. boire : su 
   
je bois (ar) swigh
tu bois tswit
il boit iswa
elle boit tswa
nous buvons nswa
vous buvez (m) tswam
vous buvez (f) tswamt
ils boivent swan
elles boivent swant
 
   
4. partir : ftu 
   
je pars (ar) ftigh
tu pars tftit
il part ifta
elle part tfta
nous partons nfta
vous partez (m) tftam
vous partez (f) tftamt
ils partent  ftan
elles partent ftant
 
   
Il existe des verbes où la conjugaison est légèrement modifiée. Regardons quelques exemples. 
      
1. savoir : ssen 
   
je sais (ar) ssnegh
tu sais tssent
il sait issen
elle sait tssen
nous savons nssen
vous savez (m) tssenm
vous savez (f) tssenmt
ils savent ssen
elles savent ssent
 
   
2. porter : asi   (structure légèrement modifiée) 
   
je porte (ar) usigh
tu portes tusit
il porte yusi
elle porte tusi
nous portons nusi
vous portez tusim
ils portent usin
elles portent usint
 
 
   
Le verbe AVOIR est très particulier, il a une conjugaison qui se rapproche plus des adjectifs possessifs. 
   
avoir : dar 
   
j'ai dari
tu as  dark
il a darm
elle a dars
nous avons darnegh
vous avez (m) daroun
vous avez (f) darount
ils ont darsen
elles ont darsent
 
    
Le futur 
   
Il suffit d'ajouter la particule rad devant le verbe. 
   
parler : sawl 
   
je parlerai rad sawlgh
tu parleras rad tsawlt
il parlera rad isawl
elle parlera rad tsawl
nous parlerons rad nsawl
vous parlerez (m) rad sawlm
vous parlerz (f) rad sawlmt
ils parleront rad sawln
elles parleront rad sawelnt
 
   
Le subjonctif 
   
Il suffit d'ajouter la particule ad devant le verbe. 
Exemple. ad sawlgh : que je parte 
   
L'impératif 
   
Au singulier, c'est la forme de base du verbe qui est employée. 
Au pluriel, on ajoute les particules at (masculin) ou amt (féminin). 
   
faire : sker dire : ini 
fais : sker dis : ini 
faites (m) : skerat dites (m) : iniat 
faites (f) : skeramt dites (f) : iniamt 
   
La négation 
   
Il suffit d'ajouter la particule ur devant le verbe. 
Exemple. ur dari : je n'ai pas 
   
Renforcement du verbe AVOIR 
   
Pour renforcer l'expression de possession, on peut rajouter le verbe illi (être) au verbe dar. 
Au futur, illi est placé derrière l'infinitif. Au présent, il est placé devant et conjugué en fonction du complément d'objet direct.
   
j'aurai une maison : rad dari yat tigemmi 
j'ai une maison : tella dari yat tigemmi 
nous aurons un garçons : rad darnegh illi ya ufrux 
nous avons un garçons : illa darnegh ya ufrux 
   
Un autre verbe sert à exprimer la possession : ttâf

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L'adjonction de particules est très employée en Tamazight pour former d'autres verbes ou des noms.

voir ci-dessous:
 

La préfixation et la suffixation : Une technique linguistique efficace

source: Par: Ali Amaniss sur le site de la revue Tawiza

« En fait, beaucoup de locuteurs pourraient facilement augmenter
leur bagage lexical de 2000 à 3000 mots s’ils connaissaient bien une dizaine de préfixes, une trentaine de suffixes et une centaine de radicaux fondamentaux. Plutôt que d’essayer d’apprendre les mots un par un, mieux vaut posséder la « machine à fabriquer les mots. » Jacques Leclerc

 

Introduction

 

Une des caractéristiques des langues Romanes ( français, anglais, allemand…) est leur capacité à produire, à construire, à engendrer, à dériver, de nombreux verbes à partir d’un unique verbe de base pris comme référence (une racine), et cela grâce à une technique linguistique simple mais très efficace qui est la technique de préfixation et de suffixation. Il suffit d’accoler un suffixe ou un préfixe à un radical, qui est souvent lui-même un verbe, pour changer son sens et sa signification.

 

Pour commencer, prenons un exemple en français. A partir du verbe porter, la langue française produit, grâce aux préfixes (em, ex, im, ra, re), les verbes suivants :  porter, em-porter, ex-porter, im-porter, ra-porter, re-porter.

 

C’est la même chose avec le verbe mener, en utilisant les préfixes (a, ra, em) le Français produit les verbes suivants :  mener, a-mener, ra-mener, em-mener.

 

A la place de créer un verbe totalement différent pour chacune des actions ci-dessous, la langue française réutilise le même verbe en lui ajoutant un préfixe. Ce qui constitue une économie linguistique considérable de tout point de vue. Une économie dans les possibilités lexicales et une facilité dans l’apprentissage de la langue, notamment dans le processus de mémorisation pour les gens qui l’apprennent et ceci grâce à une opération d’association des idées.

 

En anglais c’est la même chose, à partir du verbe to pose, cela donne : to pose, to ex-pose, to im-pose, to de-pose, to op-pose, to sup-pose.

 

Le tamazight utilise la même technique linguistique de préfixation et de suffixation pour la dérivation de nouveaux verbes. Pour une meilleure compréhension de notre exposé, nous indiquons que les verbes sont généralement donnés sous leur première personne de l’impératif, comme le font habituellement les amazighizants. Cette forme représente l’équivalent de l’infinitif en langue française. Cependant, pour plus de clarté de l’exposé, nous ajoutons la troisième personne du singulier au passé.

 

Les suffixes

 

Prenons un premier exemple qui est commun à l’ensemble des parlers, à savoir, les particules de direction qui sont la particule de rapprochement (d) et la particule d’éloignement (n). Avec ces deux simples particules qui suffixent les verbes, tamazight ajoute à son patrimoine de verbes, deux verbes supplémentaires à partir d’un verbe pris comme référence (base, racine.)

 

Exemple :

Awiy,yiwiy (mener, porter)

awiy-d, yiwiy-d (ramener, rapporter)

awiy-n, yiwiy-n (emmener, emporter)

 

Ces deux particules situent la direction de l’action par rapport au locuteur qui donne les ordres, comme le montre la figure. La particule (n) permet d’éloigner l’action de lui awiy-n (emporter), alors que la particule (d) permet de rapprocher l’action de lui awiy-d (rapporter).

 

Ces deux particules suffixent pratiquement tous les verbes de la langue amazighe. Nous donnons ci-dessous une liste de ce genre. Nous donnons les verbes dans le cadre d’une phrase afin de faciliter leur compréhension.

 

sers agherum, isers agherum (pose le pain)

sers-n agherum, isers-n agherum (pose le pain là-bas)

sers-d agherum, sers-d agherum (pose le pain de ce côté-ci)

 

niy iyyis, iniy iyyis (chevaucher le cheval)

niy-n iyyis, iniy-d iyyis (chevaucher le cheval [pour y aller])

niy-d iyyis, iniy-n iyyis (chevaucher le cheval [pour revenir])

 

amezv aman, yumezv aman (tiens l’eau)

amezv-n aman, yumezv-n (tiens l’eau)

amezv-d aman, yumezv-d (rapporte)

 

Note :

 

En général, la particule (n) est utilisée pour montrer quelque chose qui est loin du locuteur. En plus de son utilisation comme suffixe des verbes et de certaines prépositions (ar, ar-d, jusqu’à), elle est également utilisée pour construire les pronoms démonstratifs dans la quasi-totalité des parlers comme le montre l’exemple suivant.

 

Exemple :

wann (celui-là),   (en tachelhiyt) gh-wann (celui-là)

tann (celle-là),     (en tachelhiyt) x-tann (celle-là)

winn  (ceux-là),   (en tachelhiyt) gh-winn (ceux-là)

tinn (celles-là),    (en tachelhiyt) x-tinn (celles-là)

 

La particule (d) quant à elle est utilisée dans la direction de l’interlocuteur pour construire d’autres pronoms démonstratifs.

 

Exemple :

wad-degh (celui-ci),  (en tachelhiyt) gh-wad (celui-ci)

tad-degh (celle-ci),    (en tachelhiyt) x-tad (celle-ci)

wid-degh  (ceux-ci),  (en tachelhiyt) gh-wid (ceux-ci)

tid-degh (celles-ci),   (en tachelhiyt) x-tid (celles-ci)

 

Les particules (n) et (d) peuvent être doublées selon le contexte dans lequel elles interviennent, mais l’idée reste la même, le (d) ramène l’idée vers le sujet et (n) l’éloigne de lui. Le phonème « gh » est souvent prononcé en tachelhiyt comme un « x ».

 

Les préfixes
 

Les préfixes sont également utilisés en tamazight pour réutiliser un seul verbe-racine et en fabriquer de nouveaux.

 

Le préfixe (s) ou (ss)

 

Le préfixe (s) ou (ss) ajouté au verbe a pour fonction de changer la direction de l’action. Son absence signifie que cette action est relative au sujet du verbe et sa présence signifie qu’elle est dirigée vers un objet extérieur au sujet.

 

Prenons des exemples :

 

mun, iman (accompagner, rejoindre)
s-mun, i-s-man (faire accompagner, joindre, lier, relier, coller)

 

niy, iniy (monter soi-même sur quelque chose)
s-niy, i-s-niy (faire monter quelqu’un sur quelque chose)
 

ggez, iggez (descendre soi-même)
su-ggez, i-su-ggez (faire descendre, baisser)

 

irid, yarud (être lavé soi-même)

ss-ired, i-ssu-red (laver, se laver)

 

arew, yirew (accoucher)

ss-irew, i-ss-irew (faire accoucher [sage femme])

 

amezv, yumezv (tenir)

ss-imezv, i-ss-umezv (faire tenir, accrocher, coller)

 

Les suffixes mis en jeu dans les exemples ci-dessus sont basés sur la lettre (s). Dans certains cas, il suffit d’un seul (s) et dans d’autres cas, il en faut deux (ss). Comme dans le cas des particules (d) et (n), les suffixe (s) et (ss) sont ajoutés pour préciser la direction de l’action par rapport à l’interlocuteur. L’absence du préfixe signifie que l’action est éloignée du locuteur et sa présence au début du verbe signifie que l’action se rapporte au locuteur.

 

Ce (s) ou (ss) ajouté aux verbes dans la langue amazighe est semblable aux verbes pronominaux en langue française, comme dans (se rappeler, se laver, se coucher, s’amuser)… Néanmoins, l’action des verbes en français se reporte à l’interlocuteur lorsque la particule (se) est présente et elle se reporte à autre chose que l’interlocuteur lorsque la particule (se) est absente. En tamazight, c’est le contraire qui se passe, la présence de (s) ou (ss) éloigne l’action et son absence la rapproche.

 

Le préfixe (m) ou (mm)

 

En plus des particules (s) et (ss), il existe d’autres particules telle que la particule (m) ou (mm) qui préfixe les verbes et qui est destinée à joindre l’action entre au moins deux objets, comme dans l’exemple suivant :

 

m-iyabbayen awal  (ils ne se parlent plus),

mm-nenghan  (ils se sont tués),

m-iyawalen tichirratin n sen  (chacun a épousé la fille de l’autre [entre familles]),

da tte-m-gheran g temgheriwin  (ils s’invitent pendant les mariages.)

 

Nous donnons d’autres exemples en mettant en évidence la particule ajoutée aux verbes :

gher, ighura (étudier soi-même)
ss-gher, i-ss-ghura (enseigner à quelqu’un)

mm-gher, imm-ghura (s’appeler entre personnes)

 

negh, inegha (tuer)
ss-negh, i-ss-negha (faire mal, provoquer la douleur)

mm-negh, immengha (s’entretuer)

 

Le préfixe (tt)

 

Il existe d’autres particules tel que le (tt) qui permet de dériver des verbes qui sont des sortes de « participes passé », mais conjugables sans avoir recours à un auxiliaire « avoir » ou « être » comme en français, comme dans les exemples suivants :

 

wet, iwet (frapper)

ttu-wet, i-ttu-wet (être frappé, être gâté)
 

Le préfixe (n)

 

Il existe également une autre particule qui est le (n). L’exemple suivant permet de le montrer. Mais il est probable que la particule (n) soit une transformation de la particule (m). Cependant, j’insiste que le verbe suivant avec la particule (n) existe dans la région du centre du Maroc et qu’il est quotidiennement utilisé.

 

feru, ifera (réconcilier, résoudre, solutionner)

n-firi, i-n-fara (se réconcilier, se résoudre, mutuellement, être résolu)

 

Le préfixe (l)

 

Un autre préfixe est (l). Il est accolé à certain verbes pour en dériver d’autres.

 

Bbiy, ibbiy (couper)

m-yabbay, i-m-yabbay (se déchirer mutuellement quelque chose)

l-biy, i-l-biy (déchirer brutalement en tirant avec les dents)

 

Combinaison de particules

 

Deux ou plusieurs particules ci-dessus peuvent intervenir ensemble dans la formation d’un seul verbe. Cette technique combinatoire permet d’augmenter davantage le nombre de verbes et par conséquent les possibilités linguistiques pour mieux exprimer les idées avec précision et détail. Prenons l’exemple suivant :

 

amezv, yumezv (tenir)

ss-imezv-d, i-ss-umezv-d (faire tenir, accrocher, coller, du côté de l’interlocuteur)

ss-imezv-n, i-ss-umezv-n (faire tenir, accrocher, coller, du côté opposé)

 

Ici ce sont les particules (ss) et (n), (ss) et (d) qui sont combinées autour d’un radical qui est (amezv). Il existe également d’autres possibilités, (m) et (s), comme dans l’exemple suivant.

 

negha, inegha (tuer)
ss-negha, i-ss-negha (faire mal, provoquer la douleur)

mm-negh, i-mm-negha (s’entretuer)

mm-s-negh, i-mm-s-negha (s’entretuer, se faire mal mutuellement)

 

On dit par exemple : Mm-s-neghan ighfawen, ils se sont réciproquement fait mal à la tête (ils se sont dérangés l’un l’autre, ils se sont embêtés les uns les autres.)

 

L’autonomie des verbes construits

 

Si nous voulons résumer quelques des particules apposées aux verbes pour changer leur sens, nous écririons, en partant du verbe yiwiy (mener, porter), ce qui suit :

 

awiy, yiwiy (porter)

awiy-n, yiwiy-n (apporter vers le côté opposé à l’interlocuteur)

awiy-d, yiwiy-d (apporter vers le côté de l’interlocuteur)

ss-iwiy, i-ss-iwiy (faire emporter par de l’eau)

m-iyaway, i-m-iyaway (s’engager mutuellement dans des mariages)

 

Ainsi, à partir d’un seul verbe, le génie du tamazight en construit quatre autres en leur apposant des préfixes ou des suffixes, basés sur les lettres (n), (d), (s), (m), qui changent chaque fois leur signification pour convenir à d’autres contextes autres que le contexte initial du verbe originel.

 

Il faut voir que les spécificités de la conjugaison du tamazight font que le préfixe ajouté à un verbe peut ne pas être constamment au début du verbe conjugué comme nous le voyons ci-dessus avec ss-iwiy, i-ss-iwiy. La particule (ss) se retrouve au milieu du verbe pour la troisième personne du singulier du verbe conjugué au passé. Mais cela ne veut pas dire que le verbe n’a pas été préfixé comme nous l’avons vu avec la première personne de l’impératif du même verbe.

 

Une fois les verbes ainsi construits avec des suffixes et des préfixes, ils deviennent des verbes autonomes dans leur conjugaison, dans leurs dérivations (noms, participe passé…) Pour cela, nous donnons des exemples pour mieux apercevoir que cette autonomie des verbes est quasi-intégrale, du moins pour l’ensemble des verbes que nous avions passé en revu.

 

Prenons un premier exemple. Le verbe qqar, iqqur (être d’aspect dur) est un verbe duquel est dérivé le nom taghart < taqqart (l’aspect dur d’une chose). En tamazight la lettre (q) passe phonétiquement en (gh) notamment lorsqu’elle est doublée.  L’autre nom que ce verbe permet de dériver est taghurart < taqqurart (la sécheresse.) Avec la particule (s), le verbe qqar, iqqur, donne s-gher, i-s-gher < s-qqer, i-s-qqer (faire sécher.) Ce verbe donne deux noms. Le premier est isgharen (le bois de cuisine ou de chauffage séché avant son utilisation) qui est souvent utilisé dans cette forme plurielle (son singulier devrait être asgher.) Le deuxième nom que ce verbe donne est asaghur (la luzerne séchée au soleil pour alimenter les bêtes en hiver.) Nous voyons que la dérivation des noms à partir des verbes préfixés est totalement autonome.

 

Un autre exemple. Avec le verbe irid, yarud (être lavé), nous retrouvons le nom tareda (lavage). Avec la particule (ss) ce verbe nous donne ss-ired, i-ss-ured (laver). Dans certaines régions amazighophones, les femmes se regroupent souvent pour faire la lessive près d’un canal d’eau, la rigole, tarugwa, tiruggwin. Cet endroit s’appelle amessird, imessirden. Ce nom dérive du verbe messird, imessird qui est un verbe très rare où deux particules (m) et (s) sont en jeu.  La signification de ce verbe est qu’on lave ensemble les habits des uns et des autres. D’ailleurs amessird est un lieu symbolique qui traduit la vivacité de la vie communautaire chez les Imazighen et où toutes les informations de tamazirt circulent.

 

Pour la conjugaison, il est clair que tous les verbes ainsi dérivés se conjuguent normalement sans aucun problème. Nous préférons ne pas donner d’exemple afin d’éviter d’alourdir l’exposé.

 

La préfixation et la suffixation des noms

 

La technique de préfixation n’est pas spécifique aux verbes. Elle est également utilisée avec les noms qui ne dérivent pas nécessairement de verbes préfixés. Prenons les exemples suivant.

 

Le suffixe (d)

 

Zun (comme) est une proposition qui sert à la comparaison et l’analogie. Elle peut être utilisée avec ou sans la particule (d).

 

Zun ur djin izveri Udera tiyeni (comme si Udera n’avait jamais vu les dattes.)

Zun as iga ighef amellal (Comme s’il avait des cheveux blancs.)

 

Mais elle peut également être utilisée avec le suffixe (d), zun-d

 

Zun-d waddegh zun-d wa (Ces deux choses sont identiques)

Zun-d, zun-d (abréviation de la dernière expression)

 

Certains parlers utilisent l’expression gh-zun-d à la place de zun-d, mais cela n’enlève rien à l’utilisation de la technique de suffixation.

 

Le préfixe (ag)

 

La particule (ag) permet de dériver, des noms à partir des verbes. En général, elle est ajoutée au verbe en lui appliquant des modifications dues à la phonétique et à l’articulation spécifique à tamazight.

 

Ig-zdew, (ou ag-zdew), pl. ig-zdewen, est un mot qui dérive du verbe zdew, izdew (s’incliner, s’abaisser.) Il est d’ailleurs fort probable qu’il a la même racine que ddaw  (en dessous, en bas), tadawet, tidiwwa (le dos, la pente), mots qui tournent tous autour de l’idée d’inclinaison.

 

Ag-mmun, ig-mmunen, prononcé igmmunn (parcelle du terrain cultivé dans un champs), le verbe impliqué ici est mun (accompagner, rassembler), qui donne avec le préfixe (s), le verbe s-mun, i-s-man (raccorder, rattacher, relier, concilier.) En effet, agmmun a un rôle de « rassembleur » de certaines plantes sur la même surface du champ. Cette surface est délimitée par une petite digue (tigitt, tigitin), mot qui dérive du verbe (g, iga) qui permet d’arrêter l’eau autour de ces plantes.

 

Ag-nesu (l’intérieur), est un mot qui dérive du verbe (nes, inesa) (passer la nuit, s'abriter pendant la nuit), ag isena (lit. là où il a passé la nuit). L’intérieur des maisons, des tentes, est en effet un lieu pour se mettre à l’abri pendant la nuit.

 

Ag-wlim, igwleman, (peau traitée de l’animal, mouton en général, sur laquelle le pain est préparé dans les compagnes.) Nous savons que ilem, ilemawen, signifie la peau, ce qui suggère que ce nom dérive de ce nom. Mais nous pouvons également suggérer que ce nom dérive du verbe llem, illem (tordre, filer) à cause de la manière dont ce pain est préparé avant d’être mis dans le four.

 

La particule (ag) est une particule étymologiquement dérivée, semble-t-il, du verbe (g, iga.) En effet, si nous analysons les noms ci-dessus dans lesquels elle intervient, nous constatons aisément que chacun a un rôle qu’il fait, une fonction qu’il accomplit.

 

Le génie linguistique du tamazight

 

Cette technique est évidemment utilisée au quotidien, comme l’agglutination, par les gens parlant le tamazight sans l’avoir nécessairement étudiée et sans avoir le plus souvent conscience qu’ils l’utilisent. C’est un mécanisme linguistique intrinsèque et inhérent à tamazight et il lui donne énormément de force surtout si cette technique est exploitée d’une manière consciente par les linguistes pour élargir son lexique à différentes situations qui le nécessite.

 

Si nous ajoutons la technique d’agglutination de la langue amazighe à cette technique de préfixation et de suffixation, nous obtenons au moins deux caractéristiques linguistiques primordiales et fondamentales du génie linguistique du tamazight. Les deux techniques ci-dessus sont des caractéristiques notamment des langues romanes (une branche importante des langues indo-européennes.)  Ces dernières utilisent depuis déjà des milliers d’années un alphabet adapté à leurs besoins et qui a prouvé son efficacité dans ce domaine. Pour mieux rendre compte du génie linguistique amazigh, pour mieux aider à une évolution naturelle du tamazight, il n’y a donc pas meilleur alphabet que les caractères latins pour mettre en relief d’une manière équivoque l’ensemble de ces caractéristiques dont la plupart restent à découvrir.

 

Une technique universelle
 

Les mots dans les exemples ci-dessus peuvent ne pas être compris par tout le monde vu les différences dialectales, mais un peu de réflexion sur votre propre parler peut vous révéler facilement l’existence des mêmes techniques qui sont universelles à l’ensemble des parlers du tamazight malgré les quelques différences dialectales qui peuvent se retrouver entre eux. Ces différences sont d’ailleurs artificielles et chaque personne connaissant l’un, peut facilement passer à l’autre en peu de temps.

 

Ali Amaniss

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Les prépositions


abla : sans, sauf

ar : jusqu'à
zegh : de, du ,depuis
dar : chez
i : à, au , pour (suivi d'un complément d'objet indirect).
gh : dans, au, à
s : vers, au
s : avec (moyen)
f : sur
d : avec (compagnie)
n : de,du

Exemples
 
tigemmi n Ali : la maison d'Ali
lligh d umeddakkwel inu : je suis avec mon ami
iddar f uzrû: il est tombé sur la pierre
rezmgh s tasarut : j'ai ouvert avec la clef
illa baba gh tigemmi : papa est à la maison
fkigh tabrat i tarwa : j'ai donné la lettre aux enfants
ftigh s tamazirt : ja vais au pays
ftigh dar Mohand : je suis allé chez Mohand
ckigh zegh Tiznit : je suis venu de Tiznit
segh atay i tarwa : achète du thé pour les enfants
ftigh ar Tafrawt abla tamghart inu : je suis parti jusqu'à Tafraout sans ma femme


Les adjectifs possessifs 
   
ma, mes, mon inu
ton, tes, ta (masculin) nnek
ton, tes, ta (féminin) nnem
son, ses, sa nnes
notre, nos nnegh
votre, vos (masc.) nnun
votre, vos (fém.) nnunt
leur, leurs (masc.) nsen
leur, leurs (fém.) nsent
 
   
Exemples
mon visage : udem inu
 
ma voisine : tadjart inu 
ta maison : tigemmi nnek 
ton ami : ameddakkwel nnek 
ses garçons : iferxan nnes 
sa lettre : tabrat nnes 
nos enfants : tarwa nnegh 
votre fils : iwi nnun 
leur maison: tigemmi nsen 
   
Remarque : Lorsque le nom finit par une voyelle, le i de inu tombe. 
Exemple. ma tête : agayu nu 
   
Les noms de parenté 
   
Pour les noms de parenté, la règle est un peu modifiée. 
   
mon père baba
ton père babak
son père babas
notre père baba nnegh
votre père (masc.) babatun
votre père (fém.) babatunt
leur père (masc.) babatsen
leur père (fém.) babatsent
 
   
Il en est de même pour les autres noms de parenté. 
   
mon frère gma
mon fils iwi
ma fille illi
ma mère imma,immi
ma soeur ultma
ma tante xalti
mon oncle xali
mon oncle paternel àmi 

Les adjectifs démonstratifs

L'adjectif démonstratif se place après le nom et est fonction de l'éloignement de la chose désignée. Ces adjectifs sont :

ci : ad

là : nna
là-bas : ann
Exemples.

Ce chien est parti : aydi ad ifta

Ce jour-ci : ass ad (a donné assad, assa : aujourd'hui)
Ce chien là est parti : aydi nna ifta
Ces enfants là-bas : iferxan ann

Les pronoms

Les pronoms personnels sujets

moi nekki
toi (masculin) kiyi
toi (féminin) kemmi
lui netta
elle nettat
nous (masc.) nekni
nous (fém.) nekkenti
vous (masc.) kunni
vous (fém.) kunninti
eux netni
elles nettenti

 
Les pronoms réfléchis


Pour les pronoms réfléchis, on emploie le mot "tête" : agayu ou ixf.

Exemple. moi-même : nekki s ixf ou nekki s ugayu nu (moi avec ma tête).
Ci-dessous le tableau avec ixf
 
moi-même nekki s ixf inu
toi-même (masc.) kiyi s ixf nnek
toi-même (fém.) kemmi s ixf nnem
lui-même netta s ixf nnes
elle-même nettat s ixf nnes
nous-même nekni s ixfawen nnegh
vous même (masc.) kunni s ixfawen nnun
vous-même (fém.) kunninti s ixfawen nnunt
eux-même netni s ixfawen nsen
elles-même nettenti s ixfawen nsen

 
Les pronoms affixes

La théorie voudrait que pour exprimer la phrase : Moi, je t'ai accompagné, on dise : nekki mungh d kyi (moi j'ai accompagné avec toi). En pratique, cela ne se dit pas; le deuxième pronom va devenir affixe:

nekki mungh did-k : moi, je t'ai accompagné

nekki mungh did-s : moi, je l'ai accompagné 
nekki mungh did-sen : moi, je les ai accompagné
nekki mungh did-un : moi, je vous ai accompagné
kiyi tmunt did-negh : toi, tu nous a accompagné

Les pronoms possessifs

le mien, les miens wi-nu  la mienne, les miennes ti-nu 
le tien, les tiens wi-nnek  la tienne, les tiennes ti-nnek 
le sien, les siens wi-nnes  la sienne, les tiennes ti-nnes 
le nôtre, les nôtres wi-nnegh  la nôtre, les nôtres ti-nnegh 
le vôtre, les nôtres wi-nnun  la vôtre, les vôtres ti-nnun 

On remarque que les mêmes expressions existent au singulier et au pluriel, la nuance est exprimée par le verbe.

Exemples

Cette maison est la mienne : tigemmi ad tga tinu

Ce garçon est le nôtre : afrux ad iga winnegh
C'est le mien : iga winu
Ce sont les miens : gan winu

Les pronoms démonstratifs

Les adjectifs démonstratifs (ad, nna, ann) interviennent dans la constitution de ces pronoms mais en exprimant aussi le nombre.

Pour désigner ce qui est proche par rapport à la personne qui parle

celui-ci, ce ghw-ad
ceux-ci, ces ghw-id
celle-ci, cette xt-ad
celles-ci, ces xt-id

Pour désigner ce qui est à proximité par rapport à la personne qui parle

celui-là ghw-anna
ceux-là ghw-inna
celle-là xt-anna
celles-là xt-inna

Pour désigner ce qui est loin par rapport à la personne qui parle

celui-là ghw-ann
ceux-là ghw-in
celle-là xt-ann
celles-là xt-in

Exemples

Je veux celui-ci pas celui-là : righ ghwad urd ghwan

donnez-moi ceux-là : fkyyi ghwinna

Equivalents de ceci, cela, ça

ceci, cela, ça gha-ya(d)
cela ghay-nna
cela ghay-ann
ce qui ghay-lli

Exemples

Qu'est-ce que c'est que ça ? : mad iga ghayad ?

Que vas-tu faire de cela ? : ma ra tskert s ghaynna ?

Les pronoms relatifs

On emploie les pronoms a(d), lli

Le verbe qui suit change de forme et prend un -n à la fin.

a(d) est employé pour insister sur un élément X de la phrase : c'est X qui ...

 
Exemples

C'est moi qui ai ouvert la porte : nekki a yrzemen tiflut

C'est toi qui es parti chez lui : kiyi a yftan s dars
C'est la pluie qui tombe : anzar ad iddarn
C'est celle-ci qui est belle : xtad a yfulkin

On remarque la forme construite : ifulkin devient yfulkin.

lli est employé lorsque l'antécédent est connu ou déterminé.

Exemples

Il est parti l'enfant qui a cassé la casserole : ifta ufrux lli irzan tirkmin

La fille qui est partie, c'est ma fille : tafruxt lli iftan tga illi
 

L'interrogation


Les pronoms interrogatifs sujets

1. qui, quoi : ma ou mad.

Exemples.

Qui est allé au pays ? : ma iftan s tamazirt ?
 
Qui a cassé la porte ? : ma irzan tiflut ? 
Quel est ton nom ? : mad ak isem ?   
Qu'as-tu dis : ma tennit ? 
Que fait-il ? : mad iskar ? 
                              
2. quel, quelle, quels, quelles : man ou ma (mot commençant par i)
Exemples.

Quel est le nom de ton père ? : ma isem babak ?
 
Quel pain tu vas apporter ? : man aghrum a rad tawit ? 
   
3. lequel, laquelle, lesquels, lesquelles : man + particule de genre et de nombre 
   
Particules de genre et de nombre : 
   
masculin singulier wa
pluriel wi
féminin singulier ta
pluriel ti
 
               
lequel ?  quel est celui qui ? : manwa ? 
lesquels ?  quels sont ceux qui ? : manwi ? 
laquelle ? quelle est celle qui ? : manta ? 
lesquelles ? quelles sont-celles qui ? : manti ?
Exemples.

Lequel veux-tu ? : manwa trit ?
 
Quelle est celle qui a ouvert la porte ? : manta irzem tiflut ? 
   
Les locutions interrogatives basées sur ma 
   
à qui, à quoi ? : mami ? 
dans quoi, où ? : magh 
avec quoi, où ?: mas 
avec qui ? : mad 
chez qui ? : madar ? 
   
Exemples.
A qui as-tu donné la lettre ? : mami tfkit tabrat ?
 
Avec quoi as-tu ouvert la porte ? : mas trzemt tiflut ? 
Sur quoi a-t-il posé le pain ? : maf isers ughrum ? 
   
Les adverbes interrogatifs basés sur ma
comment ? : mamenk, manik ?
 
quand ? : managu, man luqt 
pourquoi ? : maf, max ? 
pourquoi donc ? : maxza ? 
où ? (situation) : manza ? 
où ? (situation) : manigh ? + verbe illi (être) 
où ? (direction) : manis ? 
   
Exemples.
Comment es-tu ? (comment vas-tu ?) : manik a tgit ?, mamenk a tgit ?
 
Comment fait-il ? : manik a iskar ? 
Quand veux-tu que je vienne ? : managu trit an ackigh ? 
Pourquoi as-tu fais ça ? : max tskert ghayad ? ? 
Où est la porte ? : manza tiflut ? 
Où est le pain ? : manigh illa aghrum ? 
Où est parti le garçon ? : manis ifta afrux ? 
Où vas-tu ? : mani trit ? 
   
Il est possible aussi d'utiliser ces adverbes dans des phrases affirmatives.
Exemple.

Je sais quand il est parti : snegh managu a ifta
 
   
La formation de la phrase interrogative
On forme une phrase interrogative au moyen des particules is devant un verbe et izd devant un nom ou un pronom.

Exemples.

Es-tu à la maison ? : is tellit gh tigemmi ?
 
As-tu un enfant ? : is dark afrux ? 
Est-ce lui qui est parti à Agadir ? : izd netta ad iftan s ugadir ? 
   
L'interrogation par l'intonation
Exemples.

La maison, elle est la tienne ? : tigemmi, tga ti nnek
 
C'est ton garçon ? : afrux nnek ? 

La négation

La négation s'exprime par les particules ur placée devant le verbe et urd (ce n'est pas) placée devant un nom ou pronom.

Exemples.

Je n'ai pas mangé : ur cigh

Je ne suis pas à la maison : ur lligh gh tigemmi
Je ne veux rien : ur righ yat
Ce n'est pas mon garçon : urd afrux inu
Ce n'est pas le pain que j'ai mangé : urd ughrum ad cigh
 
Expressions négatives
ni : ula

ne...jamais : ur...sat (futur), ur...jjun
ne...plus : ur sul
ne pas encore : ur ta
ne...rien : ur...yat, ur...amya
 
Exemples.
Je n'ai ni argent ni enfants : ur dari iqardên ula tarwa

Il n'a pas encore bu : ur ta d iswa
Je ne viendrai plus : ur sul rad ckigh
Je ne viendrai jamais : ur sar rad ckigh
Il ne sait rien : ur issin yat
La négation appliquée au subjonctif

La particule ur se place après la particule ad.

Exemples.

Il ne faut pas que tu partes : ad ur tftut

Qu'il ne fasse pas : ad ur isker
 
La négation appliquée à l'impératif
Exemples.

Ne parles pas : ad ur tsawlt

Ne parlons plus : ad ur nsawl
Ne parlez plus : ad ur tsawlem
 
La négation appliquée au futur
Exemples.

Je ne mangerai rien : ur rad cigh yat

Nous ne partirons pas : ur rad nfta

Les locutions et adverbes
Les locutions de temps

alors, donc : inemma
 
alors, à ce moment : gha kudan, gha kudelli 
à ce moment-ci : gh luqt ad (luqt : arabe) 
à ce moment-là : gh luqt an 
à l'instant, à peine : ghar ghilad, bh'ra 
avant (+ verbe) : urta 
après (+ verbe) : yad 
autrefois, jadis : gh zman, yad lli (zman : arabe) 
à l'époque de... : gh zman n ... 
à temps : gh luqt 
au moment où : gh luqt lligh 
aujourd'hui : ghassa, ghassad 
hier : idgam, ndiwass 
avant-hier : nif idgam, asfan 
demain : azekka 
la semaine : imalass 
cette semaine : imalass ad 
la semaine prochaine : imalass ad yuckan 
après-demain : nif uzzeka, nafazen 
la semaine passée : imalass ad izrin 
mois : ayyur 
ce moi-ci : ayyur ad 
le mois prochain : ayyur ad yuckan 
le mois passé : ayyur ad izrin 
l'année : aseggwas 
cette année : gh aseggwas ad 
l'année prochaine : aseggwas ad yuckan 
l'année dernière : asuggwas ad izrin 
tôt : zik 
bientôt : àlayn (arabe) 
encore : sul 
pas encore : urta 
déjà : yad 
puis, ensuite : ilemma 
tout à coup : slligh 
depuis longtemps : kigan ayad, menck ayad 
au matin : gh sbah' (arabe) 
à midi : luqt n imkli 
au soir : gh tdeggwat 
l'après-midi : gh tezwit 
jamais : abadan (arabe. Employé seul) 
jamais : aurjut (dans une phrase)
 
   
Exemples.

Tu veux encore manger ? : trit sul a tect ?
 
Tu es déjà là : tellit yad ghi 
Il n'est pas encore venu : urta d yucki 
Je viendrai la semaine prochaine : rad ackigh imalass ad yuckan 
Il est sorti à l'instant : iffugh ghar ghilad 
Tu es venu à temps : tuckid gh luqt 
   
Les locutions de lieu
où : mani, manza
 
d'où : zmanigh 
là, là-bas : ghi, ghin 
ici : ghi, ghid 
partout : kra igan mani 
ailleurs : mani yâdnin 
   
Exemples. 
   
Où vas-tu : mani trit ? 
Où est-il : manza t ? 
D'où viens-tu ? : zmanigh tuckit ? 
Où sont les enfants ? : manza tarwa 
Ils sont là : llan ghi 
Je pars ailleurs : ftigh s mani yâdnin 
   
Les locutions de manière
comme : zud, zund
 
comme ceci : zund ghikad 
encore : dagh 
presque, environ : àlayn (arabe) 
impossible : urimken 
sans : bla 
comment ? : manik, mamenk ? 
peut-être : h'aqan (arabe) 
   
Exemples. 
   
Tu oublies encore de fermer la porte : ttut dagh a tqent imi 
Tu es comme ta soeur:  tgit zound ultmak 
Comment tu vas ? : manik a tgit, mamenk a tgit ? 
   
Les locutions de quantité

combien ? : menck, ghanck ?
 
autant : ghanck 
beaucoup : bahra, gigan 
trop : uggar, iggut 
rien : walu (arabe) 
un peu : imik, idruss 
   
Exemples. 
   
Combien de jours tu es là ? : Menck ussan a tellit ghi ? 
Il y a beaucoup de gens : llan gigan n midden 
Je mange un peu : cigh imik

Les locutions démonstratives

comme ça, comme ceci : ghi-kad, ghem-kad
 
comme cela : ghi-kenna, ghem-kenna   
comme cela : ghem-kan 
comme cela (autrefois) : ghi-kelli, ghem-kelli 

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sources

Posté par Zighcult à 06:59 - Langue berbère/Langue arabe - Permalien [#]