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lundi 30 avril 2007

Adel Abdessemed - Plasticien algérien

Biographie Adel Abdessemed
Nationalité : algérienne
Age : 36 ans
Métier : Plasticien

Né en Algérie, Adel Abdessemed commence ses études artistiques à l’École des Beaux-Arts d’Alger, jusqu'à l'assassinat de son directeur par des islamistes. Il part alors pour la France, et en 1994 est admis à l’Ecole des Beaux Arts de Lyon. Sa vocation lui serait venue enfant, à la vision dans le dictionnaire du tableau de Rembrandt: Femme se baignant dans une rivière

En 2000, Abdessemed obtient une bourse d’artiste qui lui permet de séjourner à New York et d’exposer au centre d’art contemporain PS1. Il vit ensuite quelque temps à Berlin, avant de s’installer à Paris, où il vit et travaille aujourd’hui.

L’artiste utilise la vidéo, la photographie, la sculpture et le dessin, pour évaluer les limites sociales, politiques et culturelles des sociétés contemporaines, soumises à « la schizophrénie imposée par la globalisation ». Il dénonce les tensions physiques et mentales d’aujourd’hui, le monothéisme et le totalitarisme, et dit vouloir « entrer dans des zones sensibles, des zones situées entre le légal et l’illégal », notamment en montrant la nudité du corps : dans Real Time (2003), il filme froidement une performance où neuf couples font l’amour dans l’espace d’une galerie. Les œuvres d’Abdessemed portent à une réflexion sur la nature humaine : le gigantesque squelette humain flottant dans les airs de Habibi (« mon chéri », 2003) souligne la vanité de la vie éphémère. L’une de ses œuvres récentes, Practice Zero Tolerance(2006), moulage en argile d’une voiture, dénonce la situation des quartiers difficiles en faisant directement référence aux voitures brûlées lors des émeutes de l’automne 2005. « Je suis un artiste qui se mêle », dit-il.

Adel Abdessemed est représenté par la galerie Kamel Mennour, Paris.

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- Abel Abdessemed

Témoin attentif de son époque et éveilleur de consciences, le Franco-algérien Abel Abdessemed - appuyé par Christian Bernard, directeur du Mamco de Genève - nous laisse cogiter face à deux pièces engagées. Soigneusement moulée en terre cuite à l'échelle 1/1, sa sculpture Practice Zéro Tolérance (2006) reprend la forme d'une épave de voiture calcinée (allusion évidente aux émeutes de banlieue, ainsi qu'aux propos tenus par le ministre de l'Intérieur). Et, incrusté dans un mur, Sphère 2, un cercle en fil barbelé utilisé pour les système de défense militaire nous rappelle l'existence de camps comme Guantanamo. Deux œuvres d'apparence fragile, mais lourdement empreintes de sens...
Adel Abdessemed, Practice Zero Tolerance, 2006. Installation. Courtesy Galerie Kamel Mennour, Paris.

Practice_Zero_Tolerance_2006_1          Practice_Zero_Tolerance_2006_2

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une vidéo où l'artiste explique son oeuvre "Practice zero tolerance"

VIDEO

Adel Abdessemed

Entretien avec l'artiste et visite de son exposition "Practice Zero Tolerance" au Plateau Frac idf, Paris 2006.


AdelAbdessemeon__WinCE_

Foot On
video (0’02’’ in loop), 2005, Courtesy Galerie Kamel Mennour, Paris      
         

Contre l’image d’un monde formaté, homogène et structuré, l’œuvre de l’artiste algérien Adel Abdessemed dénonce et démantèle avec provocation les aliénations et les différentes formes d’oppression des systèmes culturels, économiques et politiques de la société contemporaine. Dans la vidéo Foot on (2005), le geste brut et sans artifice d’un pied nu écrasant une canette de Coca-cola devient acte de déconstruction dans son expression la plus simple, du symbole de la puissance capitaliste. Directe et immédiate, l’image évite tout militantisme pour devenir davantage un « énoncé performatif » dans lequel la force du geste laisse place à l’ouverture du sens.

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Ancien élève des Beaux-Arts d'Alger, M. Abdessemed a quitté son pays en 1995, suite aux événements sanglants d'Algérie.

Transformer
Son travail est une recherche permanente sur les contraintes culturelles, religieuses, politiques ou idéologiques, et la façon de s'en libérer. L'artiste utilise la vidéo, la photographie, le dessin, l'écriture ou la production de livres d'artiste.
Le résultat peut surprendre ou choquer. Il est en tout cas reconnu et admis dans le monde de l'art contemporain. Ainsi, par exemple, en 2003, la vidéo « Real time » a été présentée à la Biennale de Venise. « Il cherche à « transformer » les gens en les faisant réagir et s'interroger, mais sans prosélytisme », dit de lui François Quintin.
Sa présence au Frac de Champagne-Ardenne sera l'occasion pour Adel Abdessemed de réaliser une pièce monumentale et pourtant légère, qui sera installée comme en lévitation. Par ailleurs, il publiera un livre en collaboration avec le graphiste Jean-Marc Ballée, et dans une coédition Frac/Collège éditions.

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Dans une vidéo provocatrice, l'artiste très en vue d'origine algérienne Adel Abdessemed (né en 1971) montre le film d'un homme noir qui se fait asperger de lait. Désir de blancheur ou référence comme l'affirme le catalogue à l'identité créole ? L'écrivain et artiste Valérie Mréjen (née en 1969) montre dans « Pork and Milk », un film qu'il faut prendre le temps de regarder, en 11 minutes 30, les témoignages frontaux de 7 personnages qui se sont affranchis des interdits religieux ou familiaux.

JUDITH BENHAMOU-HUET

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Par ses origines et son parcours, Adel Abdessemed se trouve au confluent de problématiques qui ne cessent de manifester leur actualité, souvent violemment. Et si la biographie ne peut pas tout expliquer, elle fournit néanmoins à l'oeuvre certaines données contextuelles éclairantes : Kabyle né en Algérie en 1971, il a fui en 1994 le régime liberticide de Liamine Zeroual pour s'installer en France, à  Lyon puis à Paris, peu après une vague d'attentats terroristes qui n'avait alors pas manqué d'exacerber les tensions sociales chroniques liées à  l'immigration et aux suites de la décolonisation. Il a vécu et travaillé à  New York puis à  Berlin avant de se réinstaller à  Paris en 2005; ses oeuvres portent des titres en français, en arabe, en anglais ou en allemand, traduisant ainsi une identité composite, transnationale et pluriculturelle, emblématique donc du monde contemporain tel que le décrivent les penseurs de la mondialisation. Un monde marqué à  la fois par la circulation généralisée, par l'expression de nouveaux modes de localité et la démultiplication des frontières réelles ou symboliques, un monde où¸ se déploient des formes de violence politiques ou militaires certes, mais aussi économiques et sociales, celles-ci s'avérant d'autant plus implacables qu'elles sont indirectes et intégrées par les individus. C'est précisément avec cette violence diffuse et ses implications que dialogue l'oeuvre d'Abdessemed : bien que répondant à  la violence subie, il ne produit pas d'images à proprement parler violentes ni de dénonciations frontales, mais adopte une position intermédiaire et, par conséquent, insituable, probablement la voie où s'illustre de la façon la plus convaincante l'art contemporain dans sa dimension critique.

Marquages identitaires

L'oeuvre d'Adel Abdessemed, dans la diversité de ses moyens d'expression (actions, vidéos, dessins, sculptures, photographies), aborde la question de l'identité telle que prétendent la fixer les codes sociaux ou, surtout, religieux et telle qu'elle se donne à  lire à  travers des signes ou des manifestations extérieurs. Il utilise ainsi le vêtement, sa signification, sa double fonction d'écran et de signe de reconnaissance, mais aussi, plus simplement, la couleur de la peau, pour faire jouer les rôles assignés, questionner les rapports entre l'extérieur et l'intérieur, entre soi et l'autre, et ce, dans un continuel déplacement. Faisant suite à  Ombre et lumière (1994) où une jeune femme enlève son voile, la vidéo Chrysalide, ça tient à  trois fils (1999) met en scène, comme l'indique le titre, une métamorphose dont l'idée a été suggérée à l'artiste par le destin d'une chenille devenue papillon :

chrysalide

(Performance) , Paris, 1999

source illustration

J'ai immédiatement pensé à  toutes les femmes qui portent un tchador, le voile musulman. C'est un symbole de haine, imposé par les hommes, un acte de violence. Alors j'ai réalisé que toutes ces femmes musulmanes cachées derrière un voile étaient exactement comme des papillons. J'ai décidé de dévoiler une femme, le voulais la libérer et me libérer.

Dans une pièce d'une blancheur immaculée, se tient un corps, debout, emmailloté dans une robe noire qui ne laisse voir que ses yeux et ses pieds l'apparentant à  une momie; si serrée que l'on identifie aisément une femme, elle évoque immanquablement, tout au moins pour qui ignore les distinctions entre les traditions et leur infléchissement par certains courants fondamentalistes de l'islam, les vêtements dont le port est imposé aux femmes par les religieux intégristes (burka, niqab, tchador ...). Un homme, l'artiste, vétu d'un jean et d'un tee-shirt, le costume de la modernité, s'approche, tire sur la laine au bas de la robe et commence à  la détricoter, aidé par la femme qui tourne sur elle-même comme une toupie; lui aussi se met à  tourner, en sens inverse--l'homme et la femme, comme en opposition de phase, se définissent ainsi mutuellement. Peu à  peu, le corps nu se révèle tandis que le mouvement s'accélère et que la laine s'amoncelle au sol. Les longs cheveux de la femme s'emmèlant avec la laine empèchent l'opération d'aller à son terme et obligent l'artiste à retirer la cagoule restante après avoir pris la parole : Cette vidéo, dans son absence de recherche esthétique, est caractéristique du travail d'Abdessemed : en dépit de sa simplicité apparente, s'y croisent des références à la mythologie (des Parques au fil d'Ariane) et à  l'histoire de l'art (la naissance d'une Vénus brune émergeant des circonvolutions d'un écheveau de laine), tandis que les interprétations se stratifient. Car s'il est évidemment question de libération ici, la transformation ne se fait pas sans violence, celle de la mise à nu d'abord, celle de l'exposition par, et à , un désir extérieur, celle aussi qui surgit à la faveur de diverses associations avec des positions autoritaires...

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Adel Abdessemed / "God is Design"

dimanche 6 août 2006
ABDESSEMED and his « God is design » Par Abdellah Karroum

L’appartement 22 accueille Adel Abdessemed* pour sa première exposition dans un pays d’Afrique du Nord. Cette exposition présente la vidéo God is Design (2005). L’exposition « God is design » a L’appartement 22 montre une seul oeuvre, du meme titre, projection video dans l’espace principal. À l’entree de L’appartement 22, le visiteur accede par un couloir sur lequel est inscrit le titre de l’exposition. Dans le meme salle que la projection video, le public peut consulter les livres de l’artiste (Question nary, The green book, Global...). Le son de la video est volontairement tres puissant pour couvrir les bruits de l’environnement. Le lieux d’exposition etant situe en plein centre de Rabat, jsute en face du parlement, ou se rassemble souvent des manifestants et scandent des slogans revendicant des droits ou s’exprimant contre la guerre et d’autres actions politiques morocaines ou internationales. « God is design » est une video animation d’un peu plus de quatre minutes (4’08’’) construite à partir des dessins, noir sur blanc, de motifs ornementaux reprenant les symboles des trois grandes religions monotheiste (le judaisme, le christianisme et l’islam) et les symboles reprenant le schemas de la cellule humaine qui s’y enrelassent au rythme d’une musique aussi ennivrante, à la limite de l’hallucination sonore. La video est realisee en 2005, quelques annees apres avoir quitte New York suite à l’ambiance "invivable" qu’avait provoque le Nine Eleven (11 septembre 2001). L’artiste s’est senti indesirable dans cette ville à cause des amalgamme que font un grand nombre d’americains en considerant tous les arabes, les musulmans et les personnes issues du Moyen orient comme des terroristes potentiel en puissance. Lors d’un rendez-vous parisien, Abdessemed ne parle pas seulement d’art, il se préoccupe des problèmes du monde : « En 2050 nous serons neuf milliards, prépare-toi mon ami, lance-il ! » Lorsque l’artiste propose un travail, il ne prend pas un public pour cible, mais partage son expérience, s’exprime sur sa vision et sa conception du monde. De l’écran noir, sur lequel Abdessemed projette les correspondances entre ses œuvres, au projet utopique de construire un espace d’expression libre à Jérusalem, Dazibao (2006) semble se déployer dans l’espace/temps médiatique de l’exposition, faisant la lumière ou brouillant les pistes de la démarche de l’artiste philosophe. Le mur noir que l’artiste utilise pour tisser le réseau de ses expositions permet de visualiser l’interconnexion des œuvres et leur donner un corps philosophique. De cette zone sombre et mystérieuse émergent des travaux de feu, de terre et d’autres réalisations immatérielles. Les cles de comprehension de l’oeuvre d’Abdessemed sont contenu autant dans le regard affranchi des prejuges formels. L’art est une experience qui ne laissent que des traces confondantes. La méthode avec laquelle Adel Abdessemed construit le film God is Design (2005) est certes basée sur la notion d’entrelacs, mais elle est développée par la pratique d’une philosophie critique. L’artiste prévoit le devenir du monde et expérimente une « poésie du nucléaire »** où sont représentés des signes sublimés des trois religions monothéistes en correspondance avec la représentation des cellules du corps humain. La bande son de la vidéo, composée sur commande de l’artiste par Silvia Ocougne, est une collision poétique de phrases musicales évoquant d’infinie des possibilités de rencontres. Cette approche d’interconnexion de références, expérimentée par l’artiste dans la vidéo présentée dans cette exposition, est déjà présente dans l’une de ses oeuvres emblématiques, MohammedKarlPolpot (1999) dont laquelle Abdessemed revendique l’état multiple de son existence, un choix de mobilité tout en étant alerte sur l’état du monde et de ses connexions. Adel Abdessemed a quitté l’Algérie en 1994 par choix politique. « Quand on a pas la paix chez soi, il faut aller ailleurs, sinon c’est la mort de l’âme. L’essentiel est d’agir, de lutter, de créer pour transformer le monde ». C’est un artiste exigeant et généreux. L’artiste puise les sujets de son œuvre dans son histoire personnelle de l’exil et de son rapport au monde. Il entend aussi, en touchant aux tabous et aux interdits, « agir contre la loi et la morale » qui prétendent arrêter la vie. Ces espaces d’investissement de l’art sont autant de lieux de vie et de plaisir (la rue, la salle de bain, le bar...). Depuis son retour à Paris, Abdessemed investit la rue Lemercier comme atelier. Il y a fait venir six sanglier, les sept frères (2006), le septième s’était enfuit.

ABDESSEMED_Adel_7freres

7 frères 2006*

Un chat dévora un rat sur ce même trottoir pour donner lieu à la vidéo Birth of love (2006). Abdessemed est un artiste engagé qui se risque aux limites du légal et de l’illégal pour « faire éclater les barrières ». La morale est une « zone sensible » à laquelle touche l’artiste et le philosophe. L’exil est donc culturel. Abdessemed créera un univers qui intègre les références à la mythologie et qui utilise les technologies avec une libération totale de la religion de ses origines culturelles. L’homme est fondamentalement nomade, sa conduite est de briser les frontières artificielles. Il s’agit aussi de dépasser les tabous et les écrasantes conventions qui régissent les systèmes totalitaires et exclusifs que sont les héritages politisés et policés dont ne manquent pas nos societes. Abdessemed est un artiste international, divers et, comme Ulysse, héroïque. Chacune de ses œuvres est une résolution, de l’échelle de l’expérience esthétique à celle de la proposition politique. A.K.

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* 7 frères : une photographie réalisée dans une parcelle de rue à Paris que l’artiste désigne comme son espace de travail. Une meute de sangliers a été lâchée dans la ville. Sur la photographie, six sangliers sont dénombrés, le septième est hors-champ... L’artiste ? Le spectateur ? La force de l’image tient dans cette captation frontale, rabaissée vers le sol, les yeux dans les yeux, prête à accueillir une masse d’énergie. Une tentation évidente serait d’associer la représentation de ces animaux sauvages à l’actualité des manifestations et violences de rue. Mais pour qui se laisse aller à l’image, le regard se tient ailleurs. L’animalité est ce qui nous constitue fondamentalement y compris dans notre rapport à l’urbanité ou à un espace collectif de vie : être au ras du sol, percevoir autrement l’espace, aiguiser les sens, se rassembler ou se diviser.source

Adel Abdessemed
Exhibition: God is Design

b. 1971 Constantine, Algeria

Adel Abdessemed is an artist working with a variety of media, currently based in Berlin. Between 1990-1994 he studied at the Fine Arts High School, Alger, followed by the Fine Arts National School, Lyon
(1994-1998). Abdessemed works across video, animation, performance and sculptural installation. His practice can take on the grandiosity of the memento mori, as seen in his monumentally skeletal piece Habibi (2003), or the subtle rhythms of hybrid animated forms as in his video projection God is Design (2005), presented at Brighton Photo Biennial 2006. He participated in the 2001 P.S.1 International Studio Program in New York, where he also exhibited in Uniforms: Order and Disorder (2001). Solo exhibitions include FRAC Champagne Ardenne (2004). In 2006 Abdessemed was included in Notre Histoire, an exhibition of emerging French artists at the Palais de Tokyo in Paris.

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For Brighton Photo Biennial, Adel Abdessemed’s animated film God is Design (2005) was projected outwards onto the gallery's windows over Grand Parade, the main thoroughfare of central Brighton that separates the University of Brighton Gallery from the site of the Royal Pavilion buildings. For Brighton Photo Biennial,

Accompanied by a commissioned score by Silvia Ocougne, this resonant work appropriates a number of visual motifs and references, from cells in the human body, through Jewish and Islamic symbols to western geometric painting and North African abstract patterns, brought together in a collision of codes and styles. Recalling his earlier work The Green Book, in which Abdessemed invited people of different nationalities to write down the lyrics of their national anthem in their own hand, God is Design builds a kind of visual Esperanto, which subtly eradicates any single regime of signs and symbols.

A University of Brighton Gallery Exhibition in association with Brighton Photo Biennial.

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adel_abdessemed_god_is_design_2005

Adel Abdessemed
God is Design (2005)
Courtesy the artist and Galerie Kamel Mennour
Video projection

His video "God is design" interlaces symbols of the 3 monotheist religions with human cell diagrams.


Review
November 1, 2006 Adel Abdessemed: Practice Zero Tolerance

Practice_Zero_Tolerance_2006_1                            Practice_Zero_Tolerance_2006_2

Le Frac Île-de-France / Le Plateau
Paris
Now through November 19

The color black and intimations of fear predominate Algerian-born Adel Abdessemed's first solo installation in a Parisian institution. A rising star shortlisted for this year's Prix Marcel Duchamp, Abdessemed, like pop sculptor Claes Oldenburg, monumentalizes common objects. Giant drill bits sculpted out of black marble and a clay chassis of a burned-out car reference violent clashes in Iraq or the recent ethnic riots in the Parisian banlieues .

pluie_noire_2006

Yet Abdessemed is no cynic — he also presents a model for a collaborative artists' studio in Jerusalem, and a drawing, Dazibao , recalls subversive street graffiti, addressing both the possibilities and limitations of political discourse.

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Le Palais de Tokyo débute l'année 2006 avec une exposition étonnante. La génération des artistes du XXIe siècle, montre sa capacité à décrire le monde et ses failles par le biais de divers apports artistiques : vidéo, peinture, installations.
À leur manière, ils s'expriment et s'insurgent.
Avec leur propre moyen, ils racontent leur Histoire et la nôtre.

titre_noth

Il y a cette carcasse d'avion, réalisée par Adel Abdessemed qui se réfère aux incidents produits ces dernières années. Tourner autour de cette sculpture donne des frissons.
La sculpturale ossature d'Abdessemed (seconde œuvre de l'artiste) laisse perplexe, métaphore de la vie ou de la mort ou bien les deux ?

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Dans le « bordel global » avec Adel Abdessemed
par Guitemie Maldonado

Selon l'auteure de cet essai, le travail de l'artiste d'origine algérienne Adel Abdessemed se trouve au confluent de problématiques qui ne cessent de manifester leur actualité, souvent violemment. Ainsi, les œuvres d'Abdessemed traduisent une identité composite, transnationale et pluriculturelle, emblématique d'un monde où se déploient des formes de violences politiques, économiques et sociales. Par une diversité de moyens d'expression (actions, vidéos, dessins, sculptures, photographies), Abdessemed aborde la question de l'identité telle que prétendent la fixer les codes sociaux. Il explore en particulier la notion de frontière, qu'elle soit réelle ou symbolique, géographique ou psychique. Aussi, l'apparente absence de recherche esthétique est démentie par une œuvre marquées de symboles aux significations fortes.

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Adel Abdessemed : entre Orient et Occident

Texte extrait du Journal Vassivière, automne 2002-hiver 2003

Artiste d’origine maghrébine, Adel Abdessemed a quitté son pays, l’Algérie et interrompu ses études entreprises dans les écoles de Beaux-Arts de Batna et d’Alger, suite à l’assassinat du Président Boudiaf et aux attentats qui, dès 1995, et avec Ia complicité probable du pouvoir, ont été perpétrés par Ie mouvement islamiste sur la population algérienne et, au sein de celle-ci, sur la personne de Mohamed Hasla, Ie directeur de l’école d’art de la capitale. Réfugié en France, d’abord à Lyon où il a achevé ses études, puis à Paris où, à partir de janvier 1999, il a obtenu un atelier à la Cité internationale des arts, Adel Abdessemed a reçu fin 1999 la double nationalité franco-algérienne et, grâce au concours de l’Association française d’action artistique, une bourse de séjour pour un an à l’institut P.S.1 de NeW York où il a vécu et travaillé pendant presque dix ans avant de s’installer à Berlin au début de l’année 2002.
Inspiré par la question de l’interdit, de l’autorité et de l’oppression morale et culturelle, Adel Abdessemed utilise plusieurs supports, avec une prédilection cependant pour la vidéo. Sortes d’«actions filmées», quelques-unes de ses oe vres mettent en scène des personnes à qui l’artiste fait jouer le scénario d’une rencontre à la fois simple, éblouissante et cathartique avec un fragment perdu de leur histoire. Dans Le Joueur de flûte (1996), un homme nu, un Laïos oriental qui pourrait être le père ou le grand-père de l’artiste, joue sur un fond blanc et dans un silence que rien ne dérange sinon le son de sa flûte et les légers bruissements que l’effort imprime à son corps. L’homme est un religieux vivant en France que l’artiste a conduit à retrouver l’instrument qu’il n’avait plus pratiqué depuis son enfance berbère. La représentation semble comme l’écho vidéographique des figures bibliques et testamentaires de Dürer aussi bien que des modèles sans âge et profondément humains de La Musique de Matisse.
Dans Passé simple (1997 ) deux hommes et deux jeunes femmes d’origine maghrébine jouent et dansent, toujours nus, au son d’une autre musique, également d’origine berbère. Devant cette scène à la fois privée et publique, l’artiste évoque «une sorte d’apocalypse joyeuse». On songe aux Ménades qui ans l’ivresse du vin et des rites dionysiaques se retrouvaient jadis sur le Mont Parnasse pour inventer la tragédie et l’assemblée démocratique. La patiente négociation que l’artiste a dû mener hors-champ avec chacun de ses modèles est impossible à ne pas rap-procher du principe de la «sculpture sociale» inventé par Joseph Beuys. Dans Chrysalide (1999),une jeune-fille nue et recouverte d’une gangue de tricot noir est progressivement dévêtue par un jeune-homme, l’artiste, qui tire sur un fil dont la nature s’avère morale et religieuse. Dans Mohamedkarlpolpot (1999) une simple succession de noms accrochés les uns aux autres com e les wagons d’un train de mots à la calligraphie volontairement «pauvre» (l’arte povera a exercé une influence importante sur les premières oeuvres d’Abdessemed) soulève une nouvelle fois la question des rapports de l’interdit à la représentation et questionne les racines politiques du monothéisme aussi bien que la foi aveugle qu’inspirent les totalitarismes...
En mai 2000, Adel Abdessemed tournait deux films, l’un dans le petit atelier logement qu’il occupait alors à Paris, l’autre sur la pelouse d’un espace vert situé non loin de là. Double fond et Julie consiste en un enlassement ininterrompu de deux feuilles, l’une de menthe, l’autre de marijuana, dans un verre d’eau que le filet bruyant d’un robinet domestique connecte symboliquement à sa source le torrent, le ruisseau, la pluie, la rivière. Sorte de matérialisation en trois dimensions des principes qui sont à la base du Tao (le Yin et le Yang), les deux feuilles renvoient à la cosmogonie de pacotille du célèbre court-métrage de Fischli et Weiss, Le cours des choses (1987). La catastrophe à laquelle l’oeuvre fait référence n’est ni passée ni à venir, elle n’est pas non plus lointaine, elle est là, déjà présente, et son espace est freudien, c’est celui, mental et collectif du malaise dans notre civilisation... Comme plus tard avec le haschish de Oui (2000), l‘«information» atteint ici l’esprit via les sens (la vue bien sûr, mais aussi l’ouïe et bientôt l’odorat), elle désigne un horizon sans péché au contact duquel le spectateur perd pied (cf. le titre Double fond) et se trouve submergé, comme pris de vertige, littérale-ment nez-à-nez avec ses contradictions.
En décembre 2000, Adel Abdessemed exposait à l’ARC (Musée d’art moderne de la ville de Paris) dans le cadre d’une exposition consacrée à de jeunes artistes étrangers vivant et travaillant à Paris. Oui une étoile en cannabis (une substance considérée en Europe comme une drogue plus pernicieuse que la production locale, le vin), embaumait sereinement un petit espace situé à l’extrémité des salles d’exposition. Discrète et délicate, l’étoile tenait en équilibre à l’intérieur d’une boîte en Plexiglas percée de petits trous et accrochée à hauteur de nez. Comme un guichet d’administration, cette sorte d’hygiaphone limitait les conditions physiques de l’échange entre le corps de l’oeuvre et celui du visiteur. Arrivé là sans que l’on sache exactement comment, cet objet «satanique», ce monstre à deux têtes, à la fois illicite et poétique, toléré là-bas et interdit ici, devait rester dans sa boîte, dans un non-lieu, comme dans un perpétuel transit entre la France et l’Algérie. Dans le couloir qui conduisait à ce vase de Pandore, Une photo que j’aime montrait deux femmes, la mère et l’épouse de l’artiste, se tenant par la taille quelque part dans le Souk de Tunis. C’est dans cette ville en effet que, n’ayant pas reçu l’autorisation de retourner dans son pays natal, et ses parents n’ayant pas obtenu non plus de visa pour la France, Adel Abdessemed avait réuni les siens quelques semaines avant son exposition, six ans après son départ d’Algérie et trois ans après son mariage avec Julie. Comme dans le théâtre de Shakespeare, l’amour s’exposait dans ce cliché banal comme une forme possible de résistance à la loi...

Pour le Centre national d’art et du paysage de Vassivière en Limousin, et après deux ans de quasi silence, Adel Abdessemed a réalisé deux nouvelles oeuvres vidéo. Dans l’une d’elles, Mal dit, tournée en décemb-re 2001 lors d’un séjour que l’artiste a pu effectuer à Batna, la ville où réside sa famille, la caméra traduit dans son mouvement quelque chose du stress vécu par la population convaincue au moment du tournage qu’un nouvel attentat va avoir lieu. Dans l’autre vidéo, Pressoir Fais-le, l’artiste écrase au pied un citron. Film simple et amer, étrangement réactif à l’exposition dans le même bâtiment de l’expérience vécue par quelques autres artistes et architectes contemporains dans un village de Catalogne visité sans doute jadis par ses ancêtres Berbères, Pressoir Fais-le fait écho à Zen (2000), un film dans lequel une main de femme n’en finissait pas de verser le contenu d’une bouteille de lait sur le buste d’un jeune noir-africain. Parallèlement à Ia conception de ces vidéos l’artiste présente Exil, une installation datant de son arrivée en France. Adel Abdessemed a imaginé par ailleurs plusieurs projets pour Vassivière dont certains, présentés dans la librairie du Centre d’art, seront peut-être réalisés au cour de l’année 2003. L’un d’eux prévoit de recouvrir le bâtiment d’Aldo Rossi et de Xavier Fabre d’un camouflage militaire... Coproduit avec trois autres institutions françaises (le FRAC Haute-Normandie, le FRAC Champagne-Ardenne et le Centre d’art La Criée à Rennes>, un livre a également été réalisé à partir d’une quarantaine de transcriptions manuscrites ou dactylographiées d’hymnes nationaux dans leurs langues d’origine. Imaginée un peu plus d’un an avant l’exposition, cette édition revêt un sens particulier à la lumière de l’incident qui, quelques mois auparavant, a réveillé, à l’occasion d’un match de footbaIl, et autour du symbole ambigüe de l’hymne national français, les non-dits d’une relation complexe et passionnelle entre la France et l’Algérie...
Profondément marquée par l’art, la littérature et la philosophie occidentales (en particulier par les oeuvres de Nietzsche, de Pasolini, de Deleuze et de Broodthaers), fidèle à des origines berbères réduites en Algérie à la clandestinité, écartelée pour ces (dé)raisons entre plusieurs «patries», l’oeuvre d’Adel Abdessemed exprime une souffrance, un exil (ExiL 1996). Inquiétante et puissante, humaniste et rebelle, elle participe à sa manière d’une Renaissance artistique et intellectuelle, celle d’un Orient mal connu, qu’incarnent en particulier, et de façon magnifique, d’autres oeuvres comme celles des écrivains et des cinéastes d’origine iranienne Salman Rushdie, Abbas Kiarostami, Shirin Neshat et Amir Naderi.

Biographie
Adel Abdessemed est né en 1971 à Constantine.
Il vit et travaille à Berlin
Expositions personnelles (sélection)
2004
Habibi, FRAC Champagne Ardenne
2003
Galleria Laura Pecci, Milano, Italy
2002
Institute of Visual Arts, Milwaukee, USA
Centre National d’Art et du Paysage, Vassivière, France
2001
ZEN, Project room, Kunsthalle Bern, Bern, CH
Galleria Laura Pecci, Milan, I
Expositions collectives (sélection)
2004
Staatsffäre, O.K Centrum für Gegenwartskunst, Linz, A; Shake, Villa Arson – Centre National d’Art Contemporain, Nice, France
2002
Institute of Visual Arts, Milwaukee WI, USA
Art Chicago 2002, Chicago IL, USA
Art as a thinktank, Puerto Rico
Videotraffic, London, UK
Adel Abdessemed, Centre d’Art Contemporain, Vassivière, F
Crac Languedoc-Roussillon, Sète, F
2001
Yokohama Triennial, Yokohama, J
Uniform – Order and Disorder, P.S. 1, New York NY, USA
Le Ludique, Musée du Québec, Québec, CDN
2000
Manifesta 3 – European Biennial of Contemporary Art, Ljubljana, SL
Juste au corps, de la peau au vêtement, La Criée – Centre d’Art Contemporain, Rennes, F
Paris pour escale, Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, Paris, F
1999
Chrysalide, UR Woolways 99, Paris, F
Biennale des jeunes créateurs d’Europe et de la Méditerranée, Rome, I

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ADEL ABDESSEMED, GLOBAL

adelglobal

Interview d'Adel Abdessemed par Guy Tortosa et Anne Bonnin

128 pages, ill.couleurs, français/anglais

Le Collège Frac Champagne-Ardenne en coédition avec la galerie Kamel Mennour, Paris et le MAMCO, Genève

Prix de vente: 29 Euros

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birth_of_love_2006

Birth of love

27th São Paulo Biennial, Brazil, 2006

source illustration (Photo Haupt et Binder)

Utilisant la vidéo, la photographie, la sculpture et le dessin, A. Abdessemed met à l’épreuve les limites sociales, politiques et culturelles tant dans les sociétés musulmanes qu’occidentales. Les vidéos de l’artiste mettent effectivement en exergue des tensions physiques et mentales générées par « la schizophrénie imposée par la globalisation ». Cette pression dont il veut s’émanciper s’emblématise par l’image d’un citron écrasé par son talon dans Pressoir fais-le, bande réalisée en 2002. Critique du monothéisme et du totalitarisme, « Mohammedkarlpolpot » (1999) – mot hybride, écrit sur une feuille de papier déchirée, qui condense en un seul nom Mahomet, Karl Marx et Pol Pot – dénonce les formes d’oppression liées à ces figures tutélaires. Braver les interdits, retrouver un corps et une sexualité comprise « comme redécouverte de la vie créatrice… » sont autant d’objectifs qui fondent la pratique de l’artiste. Il confie d’ailleurs vouloir « entrer dans des zones "sensibles", des zones situées entre le "légal" et l’"illégal" ».

La nudité du corps est mise en jeu à plusieurs reprises dans les œuvres d’A. Abdessemed : dans « Real Time » (présentée à la Biennale de Venise en 2003), il filme froidement une performance où neuf couples font l’amour dans l’espace d’une galerie. Avec ce même souci d’objectivité, les vidéos « Joueur de flûte » (1996) et « Passé simple » (1997) confondent les sphères privée et publique et marquent un incessant aller-retour entre passé et présent, entre tradition et contemporanéité. Elles montrent des hommes et des femmes nus, renvoyant à un univers dionysiaque et donc à une iconographie inspirée de l’Antiquité méditerranéenne. Cette dimension charnelle demeure néanmoins toujours pudique, induisant une charge poétique et émotionnelle. A. Abdessemed souhaite « renverser les perspectives, sortir du banal et ouvrir des portes vers une autre réalité : celle du plaisir et du désir ». Ne serait-ce finalement pas l’omniprésence d’une tension inhérente à ces travaux qui parvient à toucher le spectateur ?

Empreintes d’une forte sensibilité et nourries par la littérature et la philosophie occidentales, les œuvres d’A. Abdessemed conduisent simplement à une réflexion sur la nature humaine. Bras et jambes tendus, d’une longueur de dix-sept mètres, le gigantesque squelette humain en lévitation de « Habibi » (2003) participe de ce questionnement. Cette sculpture implique directement le visiteur en jouant sur une intimité décalée : il ne s’agit pas là d’une simple galerie de paléontologie mais bel et bien de l’espace d’exposition qui prend ainsi une tout autre dimension corporelle. Face à ce corps désincarné, c’est le visiteur lui-même qui devient l’épiderme et l’enveloppe, tout comme il vient animer l’espace d’exposition. Suspendu à la fois dans l’espace et le temps, « Habibi » – littéralement, « mon chéri » – cristallise l’aspect éphémère de la vie et représente la mort sous la forme d’une subtile et grandiose vanité.

Cette exposition, intitulée « Le Citron et le Lait », propose des œuvres d’une extrême générosité à l’égard du spectateur, l’incitant à repenser son rapport au monde via un retour à des plaisirs simples, à l’instar de sa vidéo « Happiness in Mitte » (2003) où l’artiste nourrit sept chats errants, chacun des félins lapant le lait avec crainte et / ou plaisir. Malgré l’apparente banalité du geste, A. Abdessemed parvient à nous éloigner de toute atonie visuelle et contemplative.

    

« Habibi » a pu être réalisé grâce au soutien de ACRYSTAL, Souffelweyersheim
et de l'Atelier ADESS, Pascal Josse, Les Vios

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                                  a_abdessemed_

HABIBI 2003

polystyrène, résine acrystal, métal (réacteur d'avion) longueur : 17 m ; longueur avec le réacteur : ca 21 m ; largeur : ca 3 m 50

Gigantesque sculpture de 17 m de longs qui "cristallise l'aspect éphémère de la vie et représente la mort sous la forme d'une subtile et grandiose vanité".

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Montage réalisé en hommage à Adel Abdessemed et son oeuvre, à partir des illustrations des oeuvres et expositions de l'artiste trouvées sur le net, les sites de provenance sont ceux cités en "source" de chaque article

Ce diaporama est une petite illustration de cette note sur l'artiste et son oeuvre jusqu'à mai 2007 et des différents articles qui y sont rassemblés, et a été spécialement réalisé dans ce but
c'est pourquoi, je n'y ai mis aucun commentaire, ni parlé, ni écrit
afin qu'il ne dispense pas, bien au contraire, de lire tous les renseignements ci-dessus
et d'aller sur les sites cités en "source", où vous trouverez les illustrations dans leur format original et le contexte des différentes expositions ou performances

le son du diaporama: mix  personnel de deux citations musicales en reférence à la France (Guillaume de Machaut), et à l'Algérie (Slimane Azem), A. Adessemed est un artiste franco-algérien.

KNTHMH

Posté par Zighcult à 05:00 - Peintres-Galeries d'art - Permalien [#]