Zighcult

Collation personnelle d'articles et d'adresses trouvées sur le net pour effectuer des recherches

vendredi 2 septembre 2005

A mort! La terrible fatwa familiale.

Nura - Norah

Ce simple prénom d'une jeune fille de seize ans tuée par sa famille rappellera l'absurdité et l'intolérance d'une tradition qui choisit ses victimes parmi les plus faibles et les plus innocentes.

Norah, voici une lettre

Que tu ne liras pas

Car ton corps gît sous la terre

Grâce à toi, nous sommes unis

Pour défendre la jeunesse future

Ton cri résonne encore

Et fera le tour du monde.

A jamais tu es notre mémoire

Demain, nous chanterons ta beauté

Tes frères t'ont assassinée

Quelle vérité difficile à admettre

Pour justifier leur crime

Voici le prétexte invoqué :

« Elle a dépassé les limites

Elle nous a déshonorés ».

Hélas, ce que nous redoutons arrive

Pour un mot, pour une idée, tu peux mourir.

Tu étais comme une fleur, une pure beauté,

Norah, tu avais seize ans,

Et dans ton coeur : la beauté du monde

Et pour toi et nos soeurs, nous chanterons

Nous soulèverons les montagnes

Nos mots seront tranchants et aiguisés,

Ils feront valoir la dignité.

Contre les gens qui médisent,

La vérité est une source limpide.

Source:
http://perso.djurdjura.mageos.com/

Le voile du silence

DJURA

Une jeune Kabyle se voit condamnée à mort par sa famille, parce qu'elle a pris un Français pour compagnon et conçu un enfant avec lui.

 Cela se passe en 1987 et la victime de cette « expédition punitive » n'est autre que l'auteur de ce livre, fondatrice du groupe musical bien connu DJURDJURA.

 Autour de ce témoignage hallucinant, Djura nous entraîne des montagnes de Kabylie aux cités d'urgence pour immigrés, dans un monde où le déracinement culturel va de pair avec un incroyable archaïsme de la condition féminine.

 Un document saisissant, qui recoupe des thèmes d'une brûlante actualité dans la France et l'Europe contemporaine.

Editions Michel Lafon - 1990 Le Livre de Poche - 1991

Source:
http://perso.djurdjura.mageos.com/


DJURA FEMME REBELLE
La fondatrice du groupe Djurdjura vient de publier le récit de sa vie ses luttes, ses souffrances et affirme sa confiance dans son peuple

« QUAND le bon Dieu éternue, il envoie des narcisses », dit un poème de chez nous. Chaque printemps, Dieu inonde ainsi mon village natal, Ifigha, accroché telle une grappe en haut de la colline, au pied des monts du Djurdjura. » C’est Djura qui parle. L’âme du groupe Djurdjura vient de publier un livre, « Le voile du silence » (1) dans lequel elle nous apporte la vie d’une petite fille de Kabylie, née peu de temps avant le déclenchement de la guerre de libération algérienne, celle de l’adolescente émigrée à Paris pendant les années de guerre et vivant dans les taudis du boulevard Massena, celle enfin de la jeune femme qui veut vivre libre et que son frère a failli tuer parce qu’elle avait choisi de vivre avec un homme qui n’était pas de sa culture, de sa tradition, de sa religion.

« Dans un livre on ne peut pas tout dire. J’ai privilégié le récit de mon expérience, de mon expérience de femme, dans un pays qui est l’Algérie. Et, évidemment toute l’histoire et le passé de l’Algérie se reflètent dans mon histoire. Une histoire vécue, pas un ouvrage de sociologie. »

C’est sur son petit bateau amarré à un quai de la Seine à l’ouest de Paris et où elle vit avec son compagnon et son fils Riwan - « En berbérie, cela veut dire « enfant de la musique », dans la Bretagne d’Arthur et de la Table Ronde, cela signifie « le roi qui avance » - que Djura nous a parlé de son pays, de ses espoirs et d’elle-même.

Les femmes algériennes ont combattu pendant la guerre d’indépendance. Et pourtant dès la libération il y eut une sorte de replis sur soi. Comment expliquer cela ? « On n’ignorait pas que les femmes étaient un potentiel humain, qu’elles étaient des forces de travail. Or, on l’a aussi vu ailleurs, au lendemain des libérations, des indépendances, les femmes ont repris leur place derrière les fourneaux et n’ont pas eu la place qu’elles espéraient avoir. Elles se sont senties trahies. Aujourd’hui on paye les pots cassés d’une politique qui a occulté le droit à la parole du peuple algérien et des femmes. Dans un pays rural comme le nôtre, les femmes sont une force de production. Elles travaillent dans les champs et, en même temps, élèvent les enfants. Elles n’ont pas peur du travail. Si on les avait utilisées pour le développement du pays, l’Algérie n’en serait pas là. »

Les récentes élections locales, avec la victoire du FIS, sont pour Djura un encouragement à la lutte. Ces élections, « pour la première fois véritablement libres, ont révélé la situation catastrophique dans laquelle se trouve le pays. Mais ce peut être l’occasion d’un nouveau départ. Si la jeunesse est descendue dans la rue en octobre 1988, ce n’est pas seulement pour, aujourd’hui, cautionner le FIS. C’était avant tout parce qu’il y a un sentiment de ras-le-bol général et une tentative d’aller vers autre chose. En même temps il est vrai que de nombreux jeunes ont été endoctriné dès leur enfance avec une arabisation mal fichue, une politique de scolarisation ratée. »

Il y a aussi les rêves factices, « les merveilles de l’occident. Ali au pays des merveilles... le pays d’émigration. C’est vrai qu’on a laissé entrevoir du Dallas, et les gens ont rêvé finalement pour rien. Aujourd’hui on s’aperçoit que les conditions de vie n’ont pas changé et que l’on se retrouve toujours à dix ou à quinze dans un appartement d’une pièce, au chômage, sans loisirs. Il fallait que cela éclate. »

« Je ne pense pas que la toute puissance du FIS va durer. Il ne propose rien de concret. Il propose le paradis, c’est-à-dire la mort... en attendant le paradis. Le peuple algérien est un peuple rebelle, qui a toujours refusé la soumission. Il y a en Algérie des gens de bonne volonté, des gens qui sont pour la liberté et pour la démocratie, il y a des femmes qui sortent dans la rue. Il y a donc une réelle prise de conscience. Et j’ai apporté ma petite pierre à ce qui est à construire. »

Le livre ? « Un prolongement de mon travail musical. Aussi une nécessité pour moi. Raconter mon histoire le plus simplement possible. Et parce que je voulais que l’on sache que derrière Djurdjura - une image souriante de l’Algérie une image séduisante de la femme algérienne - il y avait une femme qui a souffert. Ce sont mes larmes et mon vécu quotidien que je pose là. Mon livre m’a servi de thérapie et j’espère qu’il servira à d’autres femmes et à d’autres hommes, aussi, pour comprendre ce qui se passe et pour réagir. Les gens commencent à se rendre compte que si une femme n’est pas heureuse ils ne sont pas heureux, eux aussi.

« Je sais que dans la communauté émigrée en France, on est fier d’avoir un groupe qui représente à la fois notre culture, une belle image de l’Algérie et de la femme algérienne. Et en même temps pour moi c’est une démarche très importante : Djurdjura ne passe pas autant qu’il le faudrait dans les médias français. On parle d’intégration et on ne donne pas les moyens de la réaliser. Car comment peut-on parler d’intégration des gens et les amener au respect mutuel si on ne fait pas un pas pour faire connaître leur culture et pour la mettre en valeur. Quand, finalement dans les récitals de Djurdjura, on voit deux peuples, deux communautés se rencontrer, c’est déjà de cette manière là qu’on peut lutter contre le racisme. Parce que l’on se rencontre autour d’un moment de joie, de plaisir, et en même temps on apprend à se regarder, à se comprendre et à se respecter. Dans la communauté émigrée, les gens ne demandent pas mieux que de s’intégrer, que de tendre la main à leurs amis français. Pour cela il faut arrêter cette propagande d’images négatives qu’on donne sans arrêt, de l’immigré. »

(1) Editions Michel Lafon - Edition°1

  source :http://www.afrik.com/article4271.html


Cette bouleversante histoire retrace la vie de Djura, une femme d'origine algérienne qui a choisi de faire sa vie avec un compagnon francais, cette histoire retrace son destin de femme partagée entre deux cultures ... Elle doit faire face à d'innombrables tortures que lui font subir sa famille en particulier son frere, ainsi que de nombreuses séquestrations... Un témoignage aussi vrai que bouleversant, et parfois choquant, un livre à lire plein d'émotions parfaitement écrit que je vous conseille de lire.

source: http://www.plebicity.com/Stat/ConsultAvis_13847.htm

Commentaires

a djura

salut a djura , j'aimerai bien a travers , ce site transmettre un message a djura car je suis l'une de ces fans qui n's pas pu lire uhn seul de ses ouvrage cause de leur rarété , en autre de cela , on partage elle et moi les memes origines ( ifigha)son village natal , j'aimeri bien la voir ici chez nous

Posté par dida, dimanche 11 juin 2006 à 16:58

azul dida

Je ne sais pas dida, si DJURA vient de temps à autres visiter mon site, mais quoiqu'il en soit, j'espère qu'elle aura ton message, ton hommage et ton "appel" d'une manière ou d'une autre!

tanmirt pour elle!
tanmirt d'avoir posté sous l'article "à mort! la terrible fatwa familiale" qui évoque le calvaire de Norah et de bien d'autres femmes encore!

Posté par KNTHMH, lundi 12 juin 2006 à 12:50

Posté par Zighcult à 04:33 - Musiques et textes Djurjura - Permalien [#]