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lundi 15 janvier 2007

ECHANGES AVEC L'ALGERIE

Une attention soutenue de la part des professionnels comme des pouvoirs publics français pour développer les échanges avec l'Algérie

27 janv. 2005

Les programmes d'aides à l'exportation du livre français du ministère de la Culture et de la Communication et l'Algérie

L'Algérie est le deuxième pays francophone au monde
Le tiers de la population, soit environ 10 millions de personnes, pratiquent le français. Après de nombreuses années où l'arabisation était la règle, une ouverture importante s'est faite jour. Le français est redevenu la langue d'enseignement dans les matières scientifiques et de gestion depuis un an, et son utilisation va se généraliser progressivement à toutes les années de cursus universitaire pour ces disciplines, ce qui ne peut être qu'un enjeu de poids pour nos exportations d'ouvrages de droit, de gestion et de STM, mais également pour les cessions de droits en français.

Depuis la dernière rentrée scolaire, l'usage du français a été réintroduit en seconde année de l'école primaire, ce qui correspond à un effectif de nouveaux apprenants de 800 000 élèves par an.

Au fil des années à venir, ce sont donc plusieurs millions de « nouveaux » francophones qui vont arriver et dont la demande, en premier lieu d'ouvrages pour la jeunesse, va être très importante.

Le livre scolaire, qui actuellement représente l'essentiel des ventes, est encore ce qui domine dans le marché du livre algérien. Les professionnels locaux évoquent le chiffre de 75% pour sa part du marché global. Les autorités algériennes mènent depuis 2 ans une politique d'ouverture au secteur privé de l'édition de ces ouvrages mais, à ce jour, ce marché échappe en quasi-totalité aux librairies, ce qui constitue l'un des handicaps au développement de l'activité de ces dernières.

D'autres éléments de contexte peuvent être évoqués. Divers facteurs ont pesé sur l'économie du livre en Algérie : la défaillance de la banque Khalifa a entraîné des impayés mais ce problème trouve actuellement des solutions. Les taxes douanières concernant l'importation de livres étrangers ont connu des niveaux très élevés (jusqu'à 28% du prix d'import !). À la suite des interventions répétées des éditeurs français en particulier, ces taxes sont aujourd'hui supprimées pour le livre scolaire et ramenées à 5% pour les autres catégories d'ouvrages. Les éditeurs algériens regrettent que les taxes sur les intrants soient encore présentes, et élevées, considérant que leur édition nationale est de ce fait pénalisée. Enfin, les efforts de modernisation et de développement de l'offre que l'on pouvait attendre des libraires comme des importateurs algériens ne sont pas totalement au rendez-vous.

Le pouvoir d'achat local est un obstacle à la diffusion du livre français importé
Le salaire minimum algérien, ce qui se rapproche de notre SMIC, est à hauteur de 10 000 dinars par mois, c'est-à-dire environ 110 euros. Le prix d'un poche est lui, souvent, malgré le programme d'aides françaises qu'a mis en place la Direction du livre et de la lecture, de l'ordre de 400 dinars, et un album jeunesse se vend autour de 1 200 dinars dans les librairies. À ce sujet viennent s'ajouter la faible présence du livre dans les bibliothèques, un niveau peu élevé des pratiques de lecture, le nombre réduit de clients réguliers des libraires.

L'importance de ce marché mais également son énorme potentiel de développement conduisent à une attention soutenue de la part des professionnels comme des pouvoirs publics français.

Xavier Darcos, ministre délégué à la Coopération, au Développement et à la Francophonie s'est rendu à Alger
Il était accompagné lors de ces journées des 13 et 14 octobre derniers d'une délégation « livre » conduite par Serge Eyrolles, Président du SNE.Xavier Darcos et Khalida Toumi, ministre algérienne de la culture, se sont accordés sur la mise en place prochaine d'un groupe de travail franco-algérien.Ce groupe sera chargé de définir les axes de coopération et les actions à mener en matière de politique du livre entre les deux pays. Ils ont également insisté sur la place fondamentale de la librairie pour développer le marché du livre algérien, la nécessité de compléter les exportations de livres français par des partenariats entre éditeurs algériens et français mais aussi par des mesures de soutien à l'émergence d'un lectorat francophone dans le domaine de la jeunesse et aussi des STM.

Serge Eyrolles, dans son entretien avec la revue professionnelle Livres.DZ, reprend ces différents points et insiste notamment sur le partenariat entre éditeurs algériens et français par le développement des cessions de droits en arabe et en français.

En effet, plusieurs maisons d'édition françaises, parmi lesquelles La Découverte, Eyrolles, LGDJ, les PUF, Le Seuil, pratiquent déjà des cessions de droits en français pour favoriser la diffusion d'ouvrages français à un prix public adapté au marché local.

Les diverses opérations qui se sont tenues au cours du dernier Salon International du Livre d'Alger (SILA) en septembre dernier participent, à leur niveau, aux efforts que les ministères et les éditeurs français veulent développer en faveur de la présence du livre, en particulier en français, en Algérie.

L'année 2005 devrait être l'occasion d'une multiplication de ces efforts et conduire à un développement significatif, et durable, de nos échanges avec l'Algérie. Pour mémoire, on peut se rappeler qu'il y a 20 ans, avant la période très difficile qu'a connue ce pays, l'Algérie représentait 7% du total de nos exportations, hors même les cessions de droits.

Les programmes d'aides à l'exportation du livre français du ministère de la Culture et de la Communication et l'Algérie
Le programme d'aide à la librairie du Centre national du livre (CNL) qui peut prendre en charge jusqu'à 50% du montant des commandes des libraires qui souhaitent développer un fonds en langue française apparaît être bien connu des librairies algériennes. Ainsi, sur la période 2001-2005, huit aides ont été accordées pour un montant total de près de 30 000 euros.

En revanche, peu de demandes d'aides à la traduction du français vers l'arabe arrivent au CNL. Sur les 500 ouvrages aidés par an toutes langues confondues, seuls neuf ouvrages pour une traduction en arabe ont été aidés en cinq ans (1999-2004) pour un montant de 15 000 euros. De même, seuls trois traducteurs algériens ont bénéficié de bourses de séjour en France.

Il convient de rappeler que, par l'intermédiaire de la Centrale de l'édition, le ministère de la Culture contribue à l'allégement de la charge du transport à hauteur de 20 %, ce qui représente annuellement un coût d'environ 30 000 e.

Spécifique à l'Algérie, le programme d'abaissement du prix du livre porte sur des collections entières et complémentaires d'ouvrages au format de poche : Pocket chez Univers poche, Que sais-je ? aux PUF, Points Seuil, Livre de Poche Hachette, Folio et Bibliothèque Gallimard, GF et J'ai lu chez Flammarion. Dans ce cadre, les éditeurs consentent une surremise de 50% sur le prix export, financée pour moitié par le ministère de la Culture. Lancée avec succès en 2000, cette opération a été reconduite jusqu'en 2004.

Sur cette période, le ministère a consacré 250 000 e à cette action et a ainsi favorisé la commercialisation de plus de 300 000 ouvrages à des prix plus abordables pour le consommateur.

- Jean-Guy Boin

SOURCE

Posté par Zighcult à 16:24 - Le livre et l'édition en Algérie - Permalien [#]